Toulouse, ville campus
Dans le cadre de l’Opération Campus impulsée au niveau national, la Ville de Toulouse et ses partenaires locaux investissent pour l’avenir des étudiants. Objectifs avoués ? Hisser l’Université de Toulouse parmi les dix premières européennes et figurer dans le top 50 international.
Moral au beau fixe pour l’Université de Toulouse. Bénéficiaire de l’Opération Campus *, la ville a accueilli Valérie Pécresse en septembre dernier. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a confirmé l’engagement de l’État à hauteur de 527 millions d’euros. Cette dotation contribuera à financer Toulouse Campus, un projet d’aménagement des principaux sites universitaires, qui prévoit de mobiliser plus de 1,3 milliard d’euros. La différence est comblée par les collectivités territoriales -Ville de Toulouse, Grand Toulouse, conseil régional Midi-Pyrénées, conseil général de la Haute-Garonne et Sicoval- au titre du contrat de plan État-Région (CPER). Ce déblocage de fonds permettra non seulement de régler l’urgence immobilière, de rénover et de moderniser les sites universitaires, mais aussi de « fondre totalement l’université dans la ville », comme le précise Pierre Cohen, député-maire de Toulouse. Autant dire que l’Université de Toulouse ouvre une nouvelle page. Porté par le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de l’Université de Toulouse, le projet Toulouse Campus concerne plus spécifiquement les sites du Mirail, du centre-ville et du grand sud-est (Rangueil, Agrobiopôle, Aerospace Campus...). L’enjeu ? « Positionner l’Université de Toulouse parmi les dix meilleures en Europe à l’horizon 2020, tout en contribuant activement à la vie sociale et économique de son territoire », expose le dossier que le PRES a remis au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en février dernier. Pour figurer parmi les lauréats, Toulouse Campus poursuit deux grandes ambitions.
* Les douze campus sélectionnés sont Toulouse, Lyon, Montpellier, Grenoble, Bordeaux, Strasbourg, Aix-Marseille, Paris-Aubervilliers, Saclay, Paris intra-muros, Lille, Lorraine. Avec neuf autres campus « prometteurs et innovants », les lauréats se partageront 5 milliards d’euros provenant de la vente d’une partie du capital d’EDF.
527 millions d’euros à la loupe
Dédiée à la rénovation de l’immobilier universitaire, la dotation Campus Toulouse s’élève à 350 millions d’euros en capital. Confié au Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de Toulouse, ce capital ne peut être dépensé tel quel mais sera placé auprès de la Caisse des dépôts et consignations.
Ce sont les intérêts générés (environ 14 millions d’euros par an, sur la base de 4%) qui permettront de financer les loyers des partenariats publics-privés, c’est-à-dire l’investissement, la maintenance et les services pendant vingt-cinq ans.
En plus de la dotation Campus, dans le cadre du plan de relance, « 2 millions d’euros seront versés immédiatement afin que les études préalables puissent être lancées au plus vite », précise le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Par ailleurs, l’État engage 175 millions d’euros dans la rénovation de l’université Toulouse II-Le Mirail.
De leur côté, le Grand Toulouse, le Département et la Région se sont engagés à hauteur de 25 millions d’euros chacun, et le Sicoval à hauteur de 2 millions d’euros. Soit un total de 77 millions d’euros. À l’heure où nous mettons sous presse, la participation des collectivités locales peut encore évoluer.
Viser l’excellence, croiser les disciplines
Premier objectif : viser l’excellence scientifique et pédagogique. Il s’agit de renforcer les domaines déjà performants tels que l’aéronautique, l’espace, l’économie, les sciences du vivant et l’agroalimentaire en s’appuyant notamment sur la confortation de l’Agrobiopôle d’Auzeville, la création de l’Aerospace Campus et de l’École d’économie de Toulouse (TSE).
Autre impératif ? Développer de nouveaux pôles de compétitivité tels que les nanotechnologies, l’environnement, la santé, laquelle va bénéficier de l’émergence du Cancéropôle et du Toulouse Cancer Campus. En plus de dynamiser ces secteurs d’excellence, l’Université de Toulouse souhaite abolir les frontières entre établissements et disciplines, encourager les échanges, mutualiser les moyens, fédérer les compétences et, ainsi, favoriser l’émergence de projets innovants. Cette dynamique s’applique aussi au rapprochement entre recherche et formation. Laquelle devrait être dopée par la création de nouveaux bâtiments visant une meilleure insertion professionnelle, la lutte contre l’échec en 1er cycle et l’amélioration de l’accueil des étudiants et chercheurs étrangers.
Intégrer l’université dans la ville
Autre ambition affichée : accroître l’attractivité du campus toulousain. Il s’agit d’améliorer les conditions de la qualité de vie étudiante et de mieux intégrer l’université dans la cité. L’urgence ? Développer les transports en commun entre les pôles universitaires. Déjà connecté au Mirail et à Rangueil via le métro, le centre-ville sera relié à Purpan en 2010 par le tramway. L’émergence de nouvelles liaisons s’impose donc pour connecter les autres pôles entre eux et au sein même du grand sud-est particulièrement étendu. Le logement fait aussi partie des priorités. Le PRES mène une réflexion sur l’habitat étudiant afin de mieux adapter l’offre aux besoins réels. Un premier diagnostic préconise la rénovation du parc, l’ouverture d’appartements à la colocation et la création de véritables lieux de vie à proximité des logements excentrés afin de les rendre plus attractifs. Par ailleurs, le CPER prévoit la construction de 5000 logements et la rénovation de 1500 chambres en cité universitaire d’ici 2013. L’Opération Campus va également permettre la création de logements de qualité dédiés à l’accueil des chercheurs et étudiants étrangers.
L’intégration du campus dans la cité passe aussi par des aménagements urbains. Ainsi, le Grand projet de ville (GPV) prévoit d’ouvrir l’université du Mirail sur le quartier Reynerie. De même, la création du Quartier des sciences, allées Jules-Guesde, « sera le symbole de l’ouverture de la science au citoyen et participera à la réconciliation entre sciences et société », précise Pierre Cohen, à l’initiative du projet. Également au programme : une meilleure circulation des informations avec la mutualisation des services informatiques, la création d’équipements sportifs, culturels et de santé. Enfin, le projet prévoit d’associer étroitement les entreprises et l’Université. La vitalité de la recherche et des secteurs d’excellence stimulera ainsi davantage le développement économique de la région. Ainsi, les retombées de Toulouse Campus bénéficieront à l’ensemble du territoire. Un enjeu de taille qui contribuera à positionner Toulouse parmi les grandes métropoles européennes.






