Balades d'été Ces architectes qui ont fait Toulouse (1/2)

Et si nous profitions de l'été pour (re)découvrir des quartiers ?  Toutes les semaines, jusqu'au 20 août 2013, découvrez des idées de balades. Cette semaine, on part à la découverte du patrimoine urbain sur les pas de trois architectes qui ont façonné Toulouse du XVIIIe siècle à la Libération.

Jacques-Pascal Virebent (1746 – 1831)

Façades du Capitole, face à l'hôtel de ville

Architecte et ingénieur en chef de la ville pendant un demi siècle (de 1782 à 1830), Jacques-Pascal Virebent est à l'origine du plan d'alignement qui définira les largeurs minimum des rues de Toulouse jusqu'aux années 1970. On lui doit aussi d'avoir œuvré au remplacement des remparts de Toulouse par la série de boulevards qui entourent l'actuel hyper-centre.
C'est lui également qui traça jusqu'au canal les larges allées d'Angoulême, aujourd'hui allées Jean Jaurès. On lui doit en outre la création des places des Carmes et de la Trinité.
Urbaniste des grands axes et de la circulation, Virebent fut aussi l'inventeur d'une esthétique architecturale qui fait en partie l'identité de Toulouse. Il est en effet l'auteur des façades de l'ovale de la place Wilson, ainsi que de celles de la place du Capitole.
En cohérence avec la façade de l'hôtel de ville(1)  et inspirée par l'Hôtel des chevaliers de Malte(2) et  la rue de Rivoli à Paris, il imagine la façade face au Capitole, avec ses arcades. Faute de moyens, les deux autres côtés de la place ne bénéficieront pas des mêmes arcades.


Joseph Urbain Vitry (1802 – 1863)

ObservatoireNeveu de Virebent, Joseph Urbain Vitry fut comme son oncle architecte en chef de la ville de Toulouse, de 1830 à 1843. Il pousuivit le travail d'unification architecturale du centre ville avec les rues Lafayette, de Rémusat, des Marchands et Saint-Antoine du T. Il a laissé sa marque sur les places de la Trinité, Salengro et Olivier , qu'il a ornées de fontaines, ainsi que sur la place Dupuy dont il a créé l'obélisque. L'observatoire de Jolimont et le cimetière de Terre-Cabade (Observatoire ci-contre)  comptent également parmi ses réalisations, ainsi que les abattoirs de la ville de Toulouse, en fonction jusqu'à 1988 et devenus aujourd'hui musée d'art contemporain. Le Théâtre Sorano, sur les allées Jules Guesdes, fut aussi créé par Urbain Vitry ; c'était à l'origine un amphithéâtre de l'université de Toulouse.

Vue aérienne Abattoirs         Place Trinité


Jean Montariol (1892 – 1966)

piscine NakacheDe 1925 à 1939, il fut l'architecte de l'office HBM (Habitations à Bon Marché, précurseur des HLM). À ce titre il créa 9 groupes de cités jardins pour un total de 506 logements (à Lalande, à la Croix de Pierre, à Croix-Daurade…) et 9 groupes de bâtiments HBM, dont la première tranche de la cité Madrid, route de Blagnac.
Entre 1929 et 1949, Montariol fut lui aussi architecte en chef de la Ville. Durant cette période, il réalisa une série de groupes scolaires fréquentés par des générations de petits toulousains (Jules-Julien à Rangueil, Jules-Ferry à la Salade, Ernest-Renan à Lalande, etc.) Mais sa contribution à des équipement publics encore en service ne s'arrête pas là. On lui doit en effet le kiosque à musique de la place Pinel, la piscine Nakache et l'usine hydroélectrique sur l'île du Ramier , ou la bibliothèque municipale de la rue du Périgord (photo ci-dessous), dont il dessina jusqu'au mobilier.


Intérieur bibliothèque du Périgord

 

(1) Créée entre 1750 et 1759 par Guillaume Cammas pour unifier une série de bâtiments disparates.
(2) Dessiné par Pierre Rivalz, à côté de l'église de la Dalbade.


Pour aller plus loin

Retrouvez d'autres idées de balades

Découvrez la série "Regard sur..." du portail cultures de la Ville : chaque mois, les Archives municipales et l'office de tourisme vous font découvrir le patrimoine toulousain !

Article mis à jour le 02/08/2013

Balades d'été Ces architectes qui ont fait Toulouse (2/2), 1950-1970

Et si nous profitions de l'été pour (re)découvrir des quartiers ?  Toutes les semaines, jusqu'à 20 août 2013, découvrez des idées de balades. Cette semaine, poursuivons notre découverte du patrimoine urbain, avec les réalisations de deux architectes de la seconde moitié du XXe siècle.

Georges Candilis (1913 – 1995)

À tout seigneur tout honneur, c'est à Georges Candilis que revient la palme de l'architecte qui a le plus marqué la ville de son empreinte depuis la seconde guerre mondiale. Et pour cause, lui et son équipe ont remporté le concours pour la création du quartier Toulouse – le Mirail*.
Pour faire face à une croissance démographique importante en limitant l'étalement urbain, Toulouse a vu naître entre 1948 et 1958 une série de grands ensembles faits de tours et de barres, à Empalot, Jolimont ou Negreneys par exemple. Au début des années 60, le projet de nouveau quartier du Mirail est d'une toute autre ampleur. Pour la municipalité, il s'agissait de créer ex nihilo une ville pour 100 000 habitants ! Un concours fut donc lancé, auquel participa notamment Le Corbusier, et qui fut remporté par Candilis.

Vue aérienne, lac reynerieSon projet prévoyait de construire en dix ans entre vingt et vingt-cinq mille logements répartis entre grands collectifs, petits immeubles et maisons individuelles. Il s'organisait autour de deux axes novateurs : la construction d'immeubles en « Y » limitant les vis-à-vis et tournés vers des jardins et des équipements publics, et la séparation des flux, avec les voitures au niveau des rues et une circulation des piétons en hauteur, par des coursives en façade des immeubles et des « dalles » reliant les constructions. On notera également que le projet de Candilis prévoyait de respecter la morphologie du terrain en préservant espaces arborés, sources, ruisseaux ou pigeonniers. Pour des raisons principalement économiques, le projet initial de Candilis ne fut pas mené à son terme, notamment dans sa dernière tranche (vers l'université) et que seulement 50 000 personnes se sont installées au Mirail au début des années 70.
Au passage, on peut profiter des bords du lac de la Reynerie (photo ci-contre), qui n'a rien de naturel puisqu'il est dû à la remontée des eaux de la nappe phréatique, à l'endroit où l'on a creusé pour extraire des matériaux utilisés lors de la construction du quartier.
Candilis à Toulouse, c'est aussi l'Université du Mirail qui a vu passer des générations d'étudiants depuis 1975.
Il convient enfin de ne pas oublier le marché/parking des Carmes, dans le centre historique de la ville, avec sa très particulière organisation en hélice et dont le toit offre un des plus beaux points de vue sur Toulouse (photo du haut).

vue aérienne Mirail

Fabien Castaing (1922 – 2012)

Fabien Castaing a travaillé avec Candilis sur la réalisation du Mirail et de son université. Il fut aussi avec Pierre Viatge un des piliers de l'Atelier des Architectes Associés. On lui doit (seul ou en équipe) un certains nombre de constructions notables à travers la ville, notamment deux bâtiments de la cité universitaire Daniel Faucher sur l'île du Ramier, une partie de la cité Roguet de l'Office départemental HLM à Saint Cyprien, ou l'immeuble du Belvédère, boulevard des Récollets. Mais prenons le temps de nous attarder sur trois des ses réalisations les plus marquantes.

Les archives départementales

situées au 11 boulevard Griffoul Dorval
Livré en 1955, le bâtiment des archives départementales est un véritable manifeste moderniste en bordure du canal. Ses huit étages ajourés forment un véritable "moucharabieh" de béton, abritant 25000 mètres linéaires de stockage de documents. Visitez le site Internet.

L'immeuble "Citroën"

situé au 2 et 2 bis boulevard d'Arcole
Achevé en 1957, c'est un des premiers immeubles de grande hauteur de standing à Toulouse. Son rez-de-chaussée, aujourd'hui occupé par une grande enseigne bien connue des sportifs, était à l'origine un garage automobile qui a donné son nom à l'édifice. Le rez-de-chaussée et les étages de bureaux sont alignés sur la rue, tandis que les étages de logements forment une barre haute décalée vers l'arrière du bâtiment.

Le mémorial de la Résistance

situé : allées Frédéric Mistral
Ouvert depuis 1971, en face de l'immeuble qui abrita la Gestapo pendant l'occupation, le mémorial est une réalisation souterraine, presqu'autant sculpture que bâtiment. On y circule dans un ensemble de couloirs étroits, aux murs de guingois, ouvrant sur des cryptes, l'ensemble évoquant la clandestinité, la torture, la déportation et les exécutions.
Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 12h et de 14h à 17h. Plus d'infos.

memorial Resistance

* Mirail veut dire miroir en catalan. Toulouse – le Mirail est donc imaginé comme un reflet moderne de la ville.

Pour aller plus loin

Relisez le premir article consacré aux architectes qui ont fait Toulouse, du XVIIIe siècle à la Libération.

Retrouvez d'autres idées de balades

Découvrez la série "Regard sur..." du portail cultures de la Ville : chaque mois, les Archives municipales et l'office de tourisme vous font découvrir le patrimoine toulousain !

Consultez le site Urban-Hist  sur le patrimoine toulousain, géré par les Archives municipales de Toulouse.

Article mis à jour le 01/08/2013