Les fontaines

Avec le canal du Midi et la Garonne, Toulouse est assurément une ville d'eaux. Les nombreuses fontaines éparpillées dans la cité confortent cette idée.

La fontaine Ariège-Garonne

Précédemment installée au Jardin des Plantes, la fontaine Ariège-Garonne est encastrée depuis 1982 dans un mur aveugle de la place Lafourcade, dans le quartier Saint-Michel.
Cette fontaine est l'oeuvre du sculpteur Alexandre Laporte. Le monument, haut de 8 mètres environ, large de 6 mètres représente la Garonne, " jeune femme plantureuse, héroïque et triomphante qui entoure le rocher d'où sa source s'échappe, tandis que l'Ariège, jeune fille gracile, assise à ses pieds, tenant une cruche renversée se joint à elle. Ce groupe sculpté se situe dans une niche en pierre de taille. Une première vasque reçoit l'eau de la cruche qui s'écoule ensuite dans le grand bassin ".
La Mairie de Toulouse a récemment entrepris la rénovation de la Fontaine, notamment la remise en état des sculptures, du mur pignon, des bassins et de l'éclairage sans oublier la remise en service du circuit hydraulique supérieur. 


La fontaine Belle-Paule

La fontaine Belle-Paule est située à l'angle des rues de la Concorde et Falguière. Clémence Isaure, alias " la belle Paule ", dame des Jeux Floraux, veille sur une colonne de marbre d'apparence cristalline sur laquelle des corps de jeunes filles sont esquissés.
Elle a été réalisée en 1910 à l'initiative du négociant toulousain Octave Sage qui, souhaitant embellir son quartier, fit appel à Laporte Blairsy.
La fontaine mêle enfants, fleurs et monstres en forme de serpents. Des fleurs et des lianes supportent des tortues dressées sur leurs pattes arrières qui crachent de l'eau. Des crapauds et d'inquiétantes gargouilles complètent cette " faune ".
L'électricité et l'éclairage ont été refaits en 1996. 


La fontaine Boulbonne

Située à l'angle des rues Boulbonne et Cantegril, à l'endroit où se trouvait jadis le puits des Quatre-Carrés, la fontaine Boulbonne est l'œuvre du sculpteur toulousain Labatut.
Le mur aveugle contre lequel s'adosse la fontaine est revêtu de briques et comporte des courbes et contre-courbes, inspirées des autres immeubles de la place. Sur le socle central repose une sculpture imposante de Labatut, allégorie représentant la Garonne offrant l'énergie électrique à la ville de Toulouse. L'eau jaillit de têtes de lions et s'écoule dans trois bassins circulaires situés au pied de cet ensemble.
La sculpture fut remise en valeur en 1984 par l'architecte Bernard Calley. Le mur pignon et l'éclairage ont été repris en 1997.


La fontaine Dupuy

Située sur la place Dupuy, ancienne place Dauphine, la fontaine Dupuy est la plus monumentale de Toulouse avec ses 19,20 mètres de haut.
Construite entre 1829 et 1832 selon les plans d'Urbain Vitry, elle fut érigée pour rappeler les mérites du général Dupuy commandant une armée sous Bonaparte.
Les sculptures furent réalisées par Griffoul Dorval. Ses hautes proportions sont équilibrées par les puissants griffons hiératiques grimaçant au-dessus de la vasque.
La colonne est surmontée d'une statue, " Dame Tholose " de Nicolas Bachelier, réalisée en 1550
Jadis située en haut de la tour des archives (Donjon du Capitole), Violet-le-Duc la fit descendre. Affublée de deux couronnes de lauriers, la Dame ainsi transformée en " Renommée " fut ensuite installée au-dessus de l'imposante fontaine Dupuy. Elle fut fondue par Claude Peillot sur un moule composé par Jean Rancy. La partie monumentale fut retraitée en 1996.
En octobre 2005, la statue de Dame Tholoze a été retirée de la fontaine pour restauration. Un moulage va prendre sa place de manière définitive, puisqu'une fois restaurée, la statue rejoindra la collection du musée des Augustins. 


La fontaine Olivier

Construite en 1886 sur l'emplacement de la source de Los Tres Canellos, la fontaine Olivier commémore les inondations du 23 juin 1875 qui détruisirent le quartier Saint-Cyprien et coûtèrent la vie à plus de 210 personnes.
Cette fontaine fut offerte par un mécène, M. Hyppolite Olivier et dessinée par Dargassies. Elle fut, à l'époque, dotée de bornes d'eau pour les habitants et d'un abreuvoir pour les bêtes.
Identique dans sa partie supérieure à la fontaine de la place Salengro, sa base est exubérante ; des enfants libellules, ventrus, fessus et joufflus à souhait sont couchés sur des rochers au pied d'une nymphe. Une galerie circulaire élevée par cinq marches entoure le bassin.
Sur les piles extérieures, des inscriptions rappellent le nom du donateur, ainsi que le deuil qui frappa les habitants.


La fontaine Saint-Etienne

Située place Saint-Etienne, il s'agit de la plus ancienne fontaine conservée dans Toulouse. Le premier élément fut la vasque en marbre provenant de la prévôté, qui fut construite en 1584 selon les plans de l'architecte Jean Rancy.
A cette époque, la fontaine recevait les eaux de Guilheméry, prélevées dans l'actuel parc du Caousou. L'eau arrivait par un aqueduc jusqu'à la place où s'élevaient également un pilori qui permettait d'exposer les voleurs, une estrapade pour supplicier les condamnés et un échafaud pour les abjurations publiques.
L'eau se déversait dans un bassin en forme octogonale, en marbre de Saint-Béat, par la bouche de 4 mascarons (têtes ou masques de fantaisie).
Située en contrebas de la place, la fontaine est entourée d'une pente de trois marches, halte possible pour les promenades. Cette dépression permettait également aux femmes venant puiser de l'eau d'être à l'abri des charrettes.
La décoration actuelle de la fontaine date de 1593. Antoine Bachelier érigea au milieu de la vasque un piédestal avec quatre niches abritant des marmousets de bronze d'où l'eau s'échappe. Au dessus, l'on trouve quatre boules de bronze sur lesquelles se dresse un obélisque en marbre rouge et blanc de Sarrancolin. Les marmousets furent fondus par Pierre Chevenet.
Cette élégante fontaine Renaissance causa bien des soucis à la ville, avec son mauvais fonctionnement (la fontaine se tarissait l'été), mais aussi la chute de l'obélisque et jusqu'aux très jolis marmousets, mannequin-pisse qui choquèrent la population.
C'est pourquoi à partir de 1649, l'eau coula dans la gueule de poissons que les marmousets, rendus pudiques, tinrent dans leurs mains. La refonte des marmousets fut réalisée par Moratio Ferrari, maître fontainier du Roi.
En 1720 Ferrari fit tailler une nouvelle vasque. L'obélisque fut relevé sur un coussinet qui devait être en bronze, mais qui est resté simplement en briques, recouvertes en 1771 de plaques de fonte.


La fontaine de la Trinité

Située sur la place du même nom, la fontaine de la Trinité fut la première d'où l'on vit jaillir des gerbes ornementales.
Erigé en 1826 par Urbain Vitry, le monument se compose de trois marches circulaires en pierre de Carcassonne supportant une vasque en marbre de 5 mètres de diamètre, qui a remplacé une première vasque en pierre.
Au milieu du bassin s'élève un socle triangulaire aux pans incurvés en marbre blanc de Saint-Béat, orné de trois têtes de lions en bronze. Sur le socle sont posées trois sirènes ailées en bronze, aux corps finement modelés et aux voiles transparents. Elles dressent sur leurs ailes déployées une vasque de marbre blanc de plus de deux mètres de diamètre.
Le socle et le groupe en marbre furent taillés par Layerle-Capel.
Un jet d'eau à ressauts s'élance de la vasque, y retombe et l'eau est ensuite rejetée dans le bassin inférieur par les têtes de lions. Au bas des marches, trois bornes fontaines livrent ensuite l'eau aux habitants du quartier. 


La fontaine de la place Rouaix

La fontaine de la place Rouaix fut dessinée par l'architecte Raynaud en 1828, à la demande des habitants de ladite place, qui en assurèrent le financement pour moitié.
Raynaud avait été le rival malheureux d'Urbain Vitry dans le concours organisé pour la fontaine de la Trinité érigée sur l'ancien marché aux herbes.
La fontaine de la place Rouaix, en pierres revêtues de plaques de marbre blanc, offre des lignes très simples. Elle est abritée par un toit à deux versants avec des pontons aux extrémités, ornementés dans le style antique.
Elle s'élève au milieu d'un bassin de pierre grise décorée de cannelures, l'eau s'échappant de deux têtes de lion en bronze.


La fontaine des puits-clos

Située sur la place du même nom, la fontaine des Puits-clos est adossée à un mur habillé de briques et chapeauté d'un fronton.Quatre colonnes corinthiennes de marbre rose provenant de l'ancien retable de l'église de la Dalbade sont posées en diagonale, donnant naissance à trois puits habillés de cuivre.
Depuis 1984, la Psyché de Pierre-Bernard Prouha, jusqu'à lors entreposée au musée des Augustins, orne le centre de cet ensemble grâce à l'ordonnancement de Bernard Calley.
L'eau de la fontaine s'écoule dans les puits par des chantepleure encastrés dans le mur.
L'électricité et l'éclairage ont été remis en état en 1998.