Sciences et techniques #1 - L'observatoire de Jolimont
En 2018, partez chaque mois, à la découverte du patrimoine toulousain des sciences et techniques avec les Archives municipales, l'Atelier du patrimoine et l'Office de tourisme. Ce mois-ci, retrouvez l'observatoire de Jolimont, aboutissement de plusieurs siècles d'astronomie toulousaine.

Une carte du ciel du XIIIe siècle à Saint-Sernin

Carte du ciel, basilique Saint-Sernin. Phot. Peiré, Jean-François – Drac Occitanie.
Le « goût » des Toulousains pour les sciences et les arts est un poncif de l'histoire locale. En 1453, un moine franciscain indique que cette inclinaison provient de l'influence du ciel, et notamment de Mercure, sur l'esprit des Toulousains.
La première représentation connue d'une carte du ciel à Toulouse se trouve dans la basilique Saint-Sernin et date du XIIIe siècle . On y voit l'univers tel qu'il était compris à l'époque : la Terre, immobile, se trouve au centre ; autour se développent douze cercles concentriques. Les sept premiers représentent la trajectoire de six planètes et du soleil. Les derniers correspondent aux sphères célestes où trônent Dieu et les Anges. Jusqu'au XVIIe siècle, c'est ainsi qu'on se représente le monde.

< Carte du ciel, basilique Saint-Sernin. Phot. Peiré, Jean-François – Drac Occitanie.

 

 

 

 

Un premier observatoire dans une tour du rempart

Plan, élévation, coupe de l'Observatoire Royal de Toulouse de M. Garipuy, 16 rue des Fleurs, 7 septembre 1826. Dressé par Alphonse de Carney. Toulouse, Archives municipales, 64Fi795.
Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, les théories coperniciennes sur l'héliocentrisme, mettant le soleil au centre de l'univers, se diffusent dans les milieux savants. Toulouse participe à ce renouveau scientifique tout au long du XVIIe siècle, porté par les recherches de quelques religieux férus d'astronomie. Mais c'est véritablement au XVIIIe siècle que l'astronomie toulousaine prend toute son ampleur, grâce aux travaux de François Garipuy, qui installe en 1734 le premier observatoire toulousain dans une tour du rempart, avant de le déplacer en 1750 au dernier niveau de sa maison, au 16 rue des Fleurs. 

< Plan, élévation, coupe de l'Observatoire Royal de Toulouse de M. Garipuy, 16 rue des Fleurs, 7 septembre 1826. Dressé par Alphonse de Carney. Toulouse, Archives municipales, 64Fi795.

 

Un bâtiment moderne

Façade principale de l'observatoire. Phot. Soula, Christian, Région Occitanie, 1981, 19813100303V.
L'observatoire de la rue des Fleurs devient vite obsolète. L'architecte Urbain Vitry est chargé en 1839 de concevoir un nouvel édifice, en collaboration avec François Arago, ministre du gouvernement et grand astronome. Construit en un point élevé, éloigné des nuisances lumineuses de la ville, l'observatoire présente une architecture néoclassique chère à l'architecte : un portique soutenu par deux colonnes doriques donne accès à la partie réservée au logement du directeur et de son adjoint, reliée à la partie dédiée à l'observation scientifique, plus austère, se terminant par deux tourelles. 

< Façade principale de l'observatoire. Phot. Soula, Christian, Région Occitanie, 1981, 19813100303V.

Malgré un bâtiment fonctionnel pourvu d'un matériel moderne, l'astronomie toulousaine n'atteindra pas la qualité scientifique qu'elle avait au XVIIIe siècle. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour qu'elle renoue avec son glorieux passé et devienne une institution reconnue, bénéficiant de la mise en place d'une station astronomique au Pic du Midi.

 

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