Histoire de Toulouse
Toulouse, par sa situation géographique privilégiée, a connu au fil du temps, de nombreuses mutations qui témoignent des grandes étapes de l'évolution urbaine et urbanistique française et européenne. 

Sommaire


Les premières occupations humaines

Toulouse Nie l(c)Fabian Da Costa pour ArcheodunumAux alentours de Toulouse, les premiers témoignages de traces d'occupations préhistoriques datées du Paléolithique inférieur se retrouvent sur les terrasses alluviales de la Garonne. Puis au Néolithique, apparaissent les premières communautés villageoises à proximité du fleuve, sur les communes de Villeneuve-Tolosane, Cugnaux, Seilh ou Toulouse (quartier d'Ancely). 
Durant la période protohistorique, en particulier à l'âge du Bronze final (1300-800 avant notre ère), les sites d'habitat se multiplient sur le territoire toulousain (Estarac, Le Cluzel, Ancely) et plusieurs nécropoles sont identifiées sur les sites archéologiques (station de métro Carmes, quartier Sain-Roch.) 
L'arrivée des Volques-Tectosages, à la fin du IIe siècle avant notre ère, va insuffler une importante dynamique territoriale que l'archéologie et les textes antiques ont clairement mise en évidence. Plusieurs sites témoignent d’un habitat aggloméré : l'ancien oppidum de Vieille-Toulouse,  l'agglomération portuaire du quartier Saint-Roch ou le site d'Ancely.  
Tolosa devient alors une des plaques tournantes du commerce en Gaule avec notamment le vin importé d'Italie, attesté par la présence de très nombreuses amphores,  

La ville romaine

Toulouse, ville la romaineTolosa s’organise sur plusieurs noyaux implantés le long de la Garonne. Elle est intégrée à la province romaine de la Transalpine puis connaît, près d’un siècle plus tard, une profonde mutation née de la volonté de l'empereur Auguste. Une agglomération nouvelle, caractéristique des villes antiques, est créée vers 10 avant notre ère, sur la rive droite du fleuve, à l'abri des crues. La ville gallo-romaine, organisée selon un plan orthogonal, est ceinte d'un imposant rempart long de trois kilomètres.Elle veille sur la romanité à l'extrême occident de la nouvelle province de Narbonnaise.  Au Sud, la porte monumentale dite « Porte Narbonnaise », va devenir pour plusieurs siècles un lieu stratégique où vont s'installer les pouvoirs successifs : comtes de Toulouse, roi de France puis parlement.
Le IIIe siècle témoigne de l'expansion de l'Église : Toulouse est marquée par l'épiscopat du premier évêque Saturnin qui deviendra saint Sernin. Il meurt en martyr à Toulouse vers l'an 250 et sa dépouille est inhumée dans une chapelle funéraire située sous l'actuelle basilique Saint-Sernin. 

L'Antiquité tardive et le royaume wisigoth de Toulouse

maquette église de la daurade

À partir de 418, Toulouse devient la capitale du plus ancien royaume romano-germanique : le royaume wisigoth qui s'étend de la Loire au Rhône jusqu'en Espagne. Elle est une importante capitale administrative de ces rois convertis au christianisme. La construction de grands édifices de cette période (probable palais des rois Wisigoths ou église de la Daurade) est connue par l'archéologie,
En 507, la bataille de Vouillé marque la conquête du Sud-Ouest de la Gaule par les Francs catholiques et le repli des Wisigoths sur l'Espagne et la Septimanie. 

 

 

 

 

 

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Toulouse capitale du royaume d'Aquitaine puis du comté de Toulouse

À l'époque mérovingienne, Toulouse est intégrée au premier royaume d'Aquitaine et devient, sous la dynastie carolingienne, une ville majeure en tant que base arrière des expéditions en Espagne. Elle est capitale éphémère du royaume fondé par Charlemagne pour son fils Louis le Pieux.
Après la mort de ce dernier, le traité de Verdun en 843 intègre Toulouse à la « Francie Occidentale ». L'administration locale est confiée à des agents (viguiers) qui s'émancipent progressivement du pouvoir central et prennent le titre de comtes. Ils étendent peu à peu leur domination sur la majeure partie du Midi de la France jusqu'au rattachement de Toulouse au royaume de France en 1271. 

Le christianisme s'impose et de puissants monastères et églises structurent l'organisation urbaine (Saint-Étienne, Saint-Pierre des cuisines, la Daurade et Saint-Sernin). A Saint-Sernin, l'importance des dévotions développent le pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle : une nouvelle basilique est construite sur les vestiges de l'église paléochrétienne à partir des années 1070 et consacrée en 1096 par le pape Urbain II. Elle compte aujourd'hui parmi les plus grandes églises romanes en Europe. 

plan château NarbonnaisAu début du XIIe siècle, la présence des comtes de Toulouse est attestée au sud de la ville où ils ont construit le château des Comtes de Toulouse dit « Château Narbonnais », dont une partie des vestiges a été mise au jour en 2005. Toulouse est alors une ville en pleine expansion, située au sein d'un territoire agricole fertile qui l'alimente notamment en céréales. Les Moulins du Bazacle témoignent de cette vitalité économique. À la fin du Moyen Âge, ils  sont gérés par des actionnaires ce qui atteste d'une économie précoce de type capitaliste.
Ce dynamisme s'exprime jusqu'au XIVe siècle par l'extension du bourg Saint-Sernin caractérisé par de nombreux collèges, par la construction du pont de la Daurade et par le développement, rive gauche, du bourg Saint-Cyprien autour des hôpitaux. L'essentiel des chantiers à cette époque est impulsé par l’Église (poursuite des travaux à Saint-Sernin, à la cathédrale Saint-Étienne ou au monastère de la Daurade) .

La ville des Capitouls

Dès 1152, les représentants de la Cité et du Bourg forment un « commun conseil ». En 1189, le comte Raymond V reconnaît officiellement le pouvoir communal et les consuls (baptisés ultérieurement Capitouls), issus de l'aristocratie locale. Le bourg et la cité sont unifiés, la commune n'est plus liée au comte que par le serment féodal et les consuls exercent la juridiction criminelle. En 1190, ils acquièrent plusieurs parcelles et biens immobiliers situés contre les remparts à proximité de la porte nord afin d’établir la « maison commune ». Ce siège du pouvoir municipal deviendra le Capitole, aujourd'hui encore symbole de la ville. 

Les cathares à Toulouse

Le catharisme remet en cause les dogmes et l'organisation de l’Église. Dés le milieu du XIIe siècle, l’Église tente de lutter contre son développement par la prédication. Le pape Innocent III décide en 1209 d'appeler à la première croisade ceux qui sont considérés comme hérétiques nommé les Albigeois,. Simon de Montfort mène les croisés et trouve la mort à Toulouse en 1218. L'implication des rois de France dans ce conflit impose la signature du traité de Meaux, le 12 avril 1229 et la soumission du comté de Toulouse. En 1271, il est définitivement intégré au domaine royal après le décès sans héritier d'Alphonse de Poitiers, frère du roi, et de son épouse Jeanne de Toulouse.

L'université est créée à la suite du traité, puis l'Inquisition œuvre à la lutte contre l'hérésie. L'ordre des dominicains (fondé à Toulouse en 1215) ainsi que les Franciscains y participent activement. 
Le XIIIe siècle marque le début de la construction de nombreux bâtiments de style gothique méridional dont l'exemple le plus remarquable est le couvent des Jacobins. Après le rattachement au royaume de France, l'évêque entreprend, à partir de 1217, la reconstruction du choeur de la vaste cathédrale Saint-Étienne sur le modèle des édifices d'Ile-de-France. 
Toulouse au XIIIe siècle est une ville marchande, riche de nombreux artisans. En revanche, le XIVe siècle est le temps des épreuves, marqué par la guerre de Cent Ans et la Peste Noire.

La création du premier parlement de province

arrêt création parlement de ToulouseEn 1420, le premier Parlement de province est créé. Les spécificités du droit méridional, l'éloignement du parlement de Paris, la longueur et le coût des procès, favorisent  cette création, entérinée définitivement par l'édit de Saumur en 1443. Le deuxième parlement de France étend son influence sur un ressort immense, du Rhône à l'Atlantique, des Pyrénées au Massif Central jusqu'à la création de nouveaux parlements (Bordeaux, Dijon, Aix,etc.).  

 

 

 

 

Le grand incendie

En 1463, le grand incendie constitue un véritable tournant dans l'histoire urbaine : les deux tiers de la cité sont sinistrés. Cet incendie, attisé par le vent d'autan, détruit le cœur commerçant de la ville essentiellement constitué de maisons à pans de bois. Le roi Louis XI, invité à constater les dégâts, exempte les Toulousains de la taille (impôt royal) pendant 100 ans. Dès lors la ville se reconstruit progressivement en brique. 

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L'âge d'or du pastel

pastel

Durant la Renaissance, de la fin du XVe au XVIe siècle, Toulouse connaît une période de grande prospérité, grâce au commerce du pastel (plante tinctoriale qui permet l'obtention de la couleur bleu) et le développement de la draperie de luxe dans une Europe qui se reconstruit. Toulouse devient alors un centre de négoce international. Marchands, capitouls ou parlementaires construisent de somptueux hôtels particuliers, symboles de la puissance et de la réussite sociale des gens de pouvoir : l'hôtel d'Assézat, l'hôtel de Bernuy, l'hôtel de Pierre ou l'hôtel d'Ulmo en sont quelques exemples remarquables. 

 

 

Toulouse et les guerres du XVIe siècle

guerres de religionLe XVIe siècle favorable au commerce est aussi celui des troubles majeurs en Europe avec les guerres d'Italie. Dans ce contexte, les capitouls commencent la reprise du Capitole mis à mal par le grand incendie. Ils font édifier la tour des archives en 1525 en y intégrant des éléments défensifs. Le roi fait renforcer les remparts pour les adapter à l'artillerie. En 1541, François 1er autorise les Capitouls à lever une aide exceptionnelle sur les diocèses de Toulouse pour construire le Pont-Neuf. 
À partir de 1562, Toulouse entre dans les guerres de Religion. La ville s'affirme dès lors comme le bastion d'un catholicisme intransigeant, au cœur d'une région où les protestants ont conquis de nombreuses villes. La participation et l'étendue des pouvoirs locaux font de Toulouse le fer de lance de l’Église romaine dans la région. 

 

 

Toulouse, ville ultra-catholique

Pendant deux siècles encore, la ville reste ultra-catholique et voit se multiplier les monastères et les couvents. L'exécution du protestant Jean Calas en 1762, condamné pour le meurtre supposé de son fils, inspire à Voltaire son Traité pour la tolérance, œuvre majeure du siècle des Lumières. 
L'hospitalité et l'aide aux nécessiteux se concrétisent par la construction des deux grands établissements hospitaliers rive gauche : l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques et l'hôpital Saint-Sébastien qui devient en 1647 l'hôpital Saint-Joseph de la Grave.
Pendant l'ancien Régime, la construction est surtout importante dans les demeures privées, miroir social des membres des grandes institutions. Les édifices publics, qui se présentent comme des ensembles disparates, font l'objet de moins d'attention. 
Tardivement, la ville se transforme par la construction de canaux, places, promenades, port, digues et quais. L’édit royal de 1666 ordonne la construction du Canal royal du Languedoc, creusé entre Toulouse et la Méditerranée, conçu grâce au système hydraulique ingénieux de Pierre-Paul Riquet. 
De grands travaux d'urbanisme interviennent dans la seconde moitié du XVIIIe siècle : le Grand-Rond, les quais de la Garonne…
A cette époque, la ville est aussi d'une belle vitalité culturelle et artistique. Elle s'enorgueillit de trois académies royales : l'académie des Jeux Floraux, l'académie des sciences, inscriptions et belles Lettres, l'académie de peinture, sculpture et architecture. La peinture et la sculpture s'expriment avec des œuvres remarquables notamment dans les édifices religieux (chapelle des Carmélites, église Saint-Pierre des Chartreux). 
L'organisation sociale à la veille de la Révolution donne une grande part à la noblesse et à la bourgeoisie. 

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L'époque napoléonienne

La suppression des institutions de l'Ancien Régime prépondérantes limite le rayonnement de la ville. Cependant, grâce à l'exode rurale, elle connaît au début du XIXe siècle, un essor de la population et de nouvelles fonctions, essentiellement militaires. 

Le XIXe siècle

Contrairement à la plupart des grandes villes française, Toulouse n'a pas de véritable révolution industrielle mais l'impulsion donnée par le siècle précédent pour faire d'elle une ville moderne se poursuit dans la première moitié du XIXe siècle. 
Les remparts démolis laissent la place à de vastes boulevards et ouvrent la ville sur de nouveaux faubourgs, notamment entre la ville historiques et le canal du Midi. De nouvelles places apparaissent, libérées par la démolition de moulons souvent occupés par des établissements religieux. De belles demeures s'ornent de décors en terre cuite caractéristiques de la fabrique Virebent.

Avec le Second Empire, une rupture s'opère grâce au développement des transports. La construction de la gare Matabiau en 1856 et l'arrivée du chemin de fer est concomitante avec l'ouverture du canal latéral à la Garonne, qui complète le canal du Midi vers Bordeaux et l'Atlantique,
La ville finalise un véritable plan d'urbanisme et de grandes percées sont ouvertes dans le tissu ancien : rue Alsace-Lorraine, rue du Languedoc et plus tardivement la rue Ozenne.
Les voies de communication s'améliorent grâce aux nouveaux ponts : pont Saint-Michel en 1844 et pont Saint-Pierre en 1852. 

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Le XXe siècle

Lors de la Première Guerre mondiale, Toulouse, éloignée du front, investit dans l'effort de guerre et en tire un avantage durable. Les établissements d’État, axés sur l'armement, prennent une dimension considérable. 

Dans les années 1930, le projet d'urbanisme fait une large part aux logements sociaux et aux équipements culturels, sportifs et sanitaires : la piscine Nakache et la bibliothèque municipale, dues à l'architecte Montariol, en sont les éléments les plus remarquables. 

création aéropostaleToulouse est aussi la ville des pionniers de l'aviation. Sous l'impulsion de Pierre-Georges Latécoère, en 1927, l'Aéropostale est créée. De célèbres pilotes, comme Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz, incarnent l'aventure moderne.
À la veille de la Seconde Guerre Mondiale, Toulouse s'affirme comme une terre d'accueil où se rassemblent de nombreux réfugiés, notamment Italiens et Espagnols. Jusqu'en 1942, elle est au centre de la zone non occupée. Toulouse participe ensuite activement à la Résistance et héberge d' importants réseaux qui œuvrent jusqu'à la Libération. 

À partir de 1950, les avionneurs travaillent sur des projets de grand avion de transport de passagers. La Caravelle en 1958 puis le Concorde en 1969 sont alors parmi les fleurons de l'industrie aéronautique. Dès le début des Trente glorieuses, huit villes sont identifiées pour leur importance dans l'équilibre économique du pays, dont Toulouse. Elle conforte aussi son rang parmi les plus importantes villes étudiantes de France. La ville s'étend avec la construction de nouveaux quartiers : Mirail, Empalot, Bagatelle. 
Le pôle économique s'affirme grâce aux établissements publics décentralisés : grandes écoles d'aéronautique, Centre national d'études spatiales puis la Météorologie nationale. Dès 1969, le projet Airbus, appuyé sur des partenariats européens, pose les jalons du futur géant économique. 

La ville aujourd'hui

Chef-lieu du département de la Haute-Garonne, Toulouse est aujourd’hui la principale ville de la nouvelle région Occitanie, issue du regroupement des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Depuis 2015, elle est au cœur des 37 communes de Toulouse Métropole qui rassemble  près de 747 000 habitants. Elle s'inscrit aujourd'hui dans un dynamisme économique basé sur l'innovation tout en valorisant ses forts atouts patrimoniaux. 

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