Cinq questions à... Laure Barthet, nouvelle conservatrice du musée Saint-Raymond
Le musée Saint-Raymond a rouvert ses portes, samedi 15 septembre 2018, après trois semaines de travaux. Entretien avec Laure Barthet, nouvelle conservatrice du musée qui, à 34 ans, a pris ses fonctions au début du mois d'août et succède à Evelyne Ugaglia, partie à la retraite. 

Laure Barthet

1. Le musée Saint-Raymond, c'est nouveau pour vous ?

Au contraire ! Je suis née à Toulouse et suis venue à l'archéologie par passion pour l'histoire de cette ville. Et naturellement, j'ai toujours fréquenté le musée Saint-Raymond. Après des études d'archéologie à l'Ecole du Louvre, j'ai travaillé cinq ans à Nantes, pour le service départemental Grand patrimoine de Loire-Atlantique, puis deux ans à Narbonne, en tant que directrice du Patrimoine et des musées. Quand l'opportunité de revenir à Toulouse et de devenir conservatrice du musée Saint-Raymond s'est présentée, je l'ai saisie !

2. On a entendu parler de la prochaine exposition du MSR* : "Age of Classics"...

Nous sommes impatients ! Le nom complet de l'exposition sera "Age of classics : l'Antiquité dans la culture pop". Harry Potter, Assassin's Creed, Wonder Woman ou encore Les Chevaliers du Zodiaque... L'exposition mettra en lumière comment la culture pop a puisé et puise encore son inspiration dans l'Antiquité pour la réinterpréter. Les visiteurs pourront notamment découvrir des œuvres de Jeff Koons ou bien le casque de Russel Crowe dans Gladiator, confrontés à nos collections... Mais chut, je n'en dis pas plus pour l'instant ! Avec cette exposition, le MSR confirme sa volonté de se positionner comme un musée d'archéologie très tourné vers son public et dans l'air du temps.

3. Et déjà d'autres expositions en tête ?

Bien sûr. Un projet d'exposition met plusieurs années à se réaliser, depuis sa conception à sa réalisation. Au musée Saint-Raymond, nous sommes déjà en train de préparer une exposition pour 2020. Elle sera consacrée au royaume des Wisigoths, dont Toulouse fut la capitale il y a 1 600 ans. L'époque des Wisigoths reste méconnue du grand public, même si le royaume était gigantesque et s'étendait de la Loire à l'Espagne !

4. Quels autres projets ?

Nous en avons plein. Nous allons continuer à travailler sur le parcours permanent du musée, notamment en poursuivant l'intégration du numérique et du multimédia dans l'offre de visite. Quelques dispositifs innovants, issus de l'expérience Museomix, seront d'ailleurs bientôt installés. Nous réfléchissons aussi à un système pour recoloriser virtuellement certaines sculptures exposées. Car saviez-vous que les statues antiques étaient à l'origine peintes de couleurs vives ? Avec le temps, la polychromie a disparu et nous nous sommes habitués à les voir en marbre blanc. 

L'objectif est enfin de poursuivre notre démarche d'open data : jusqu'à présent, 300 objets de nos collections sont disponibles gratuitement à la manipulation, au partage et à la réutilisation via la plateforme d'hébergement et de visualisation 3D Sketchfab.

5. Quelle est votre vision pour l'avenir du MSR ?

Ma vision se nourrit des actions de mes prédécesseurs qui ont réalisé un travail extraordinaire. Avec l'équipe passionnée du musée Saint-Raymond, nous allons continuer à mettre en place une programmation dynamique pour casser l'étiquette « "réservé à une élite" que l'on peut parfois coller sur des musées comme le nôtre. En décembre, par exemple, il y aura une soirée "Drink and draw", mêlant un temps convivial et des ateliers de dessin dans les collections. Et en 2019, nous aimerions inviter des artistes contemporains, comme des street artists, à venir réinterpréter nos œuvres.

Mais, surtout, je tiens à développer le musée Saint-Raymond "hors les murs" et à le positionnier plus fortement sur la thématique de l'archéologie à Toulouse. Un projet d'exposition est en cours de réflexion pour 2021 sur ce thème, dans le couvent des Jacobins. Nous sommes également en train de réfléchir à des manifestations dans l'amphithéâtre romain de Purpan-Ancely et dans le jardin Niel. On développe par exemple un projet d'un grand week-end d'histoire vivante : deux jours de reconstitution historique autour de la période gauloise avec des animations, des démonstrations ou encore des initiations à l'archéologie expérimentale. Nous voulons que le musée Saint-Raymond aille à la rencontre des Toulousains.

*MSR : musée Saint-Raymond


Pour aller plus loin

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