Balade estivale Croix-Daurade : l'âme du XIXe siècle

C'est au carrefour de la route d'Albi, du chemin de Lanusse et du chemin de Nicol que se déroule la dernière balade de l'été 2018 à la découverte du patrimoine des quartiers toulousains. L'équipe de toulouse.fr, en collaboration avec Michel Evrard, habitant à Paleficat et membre de la société de défense du patrimoine régional "Les Toulousains de Toulouse", vous emmène à Croix Daurade.

Le point de départ de notre balade estivale sera le carrefour de la route d'Albi, du chemin de Lanusse et du chemin de Nicol, du nom de deux Capitouls qui possédaient un château à Croix-Daurade, leur « campagne ». En 1840, dans l'annuaire de la ville, les Toulousains pouvaient lire sur le quartier de Croix Daurade : « village très près de la ville, quartier charmant où beaucoup d’habitants de Toulouse vont le dimanche se délasser des fatigues de la semaine. La plupart y ont des maisons de campagne fort agréables. » 

église

« Dès 1912, on pouvait venir à Croix-Daurade par le tramway "Capitole-Pont de L’Hers", et par le train à vapeur "Pont Matabiau-Villemur", raconte Michel Evrard membre de la société de défense du patrimoine régional "Les Toulousains de Toulouse". » Aujourd'hui la voiture a supplanté ces moyens de transport et le BUN (boulevard Urbain Nord) a permis de désenclaver le quartier.
Le quartier a été préservé et le charme de ses maisons continue d'agir, comme nous pouvons le constater avec cette carte postale signée de l'éditeur toulousain Labouche,

Eglise Croix-Daurade, Labouche AMT 9fi4247

 

 

Un orgue classé

orgue

Avec son clocher-mur néoclassique à trois baies campanaires de 20 mètres, l'église veille sur la place. Sous le porche, nous pouvons admirer une croix de fer dorée, "croux daourado", datée de 1791 qui donna son nom à Croix-Daurade. 

 

Elle abrite un orgue classé monument historique en 1979 que l'association pour l'Amélioration et l'Aménagement des Biens paroissiaux de Croix-Daurade, créée en 1995, a  restauré, lui offrant une véritable renaissance. Commandé en 1855 à Bertrand Feuga, cet orgue se compose de mille tuyaux, deux claviers à mains, un clavier aux pieds. 
L'instrument fut remanié, en 1868, par Émile Poirier et Nicolas Lieberknecht. D'ailleurs en 2003 la mairie a réalisé un passage de chaque côté de l'église baptisé  Émile Poirier et Nicolas Lieberknecht.

Buffet CxD de 1868 (1000 tuyaux)  (C) photo Michel Evrard


 

De belles maisons

Bordée de platanes, la route d'Albi laisse entrevoir de part et d'autre des demeures anciennes dotées de beaux jardins ou parcs. Ces maisons de maître ou maisons plus modestes, appelées « toulousaines », en galets et briques, recouvertes de  tuiles canal possédaient chai et puits à roue noria, témoignages de leur vocation agricole passée. Les habitants pratiquaient en effet au XIXe siècle la culture de la vigne, l'élevage et le maraîchage. Nombre de ces demeures portent la signature d'Auguste Virebent. (antéfixe, oculi...).

Ces belles maisons rappellent aussi que le quartier de Croix Daurade était le lieu de villégiature des Toulousains qui venaient passer quelques jours à la campagne. Ainsi la salle Cuvier, que les habitants utilisent aujourdhui comme salle de réunion, était le réfectoire  des élèves et professeurs du petit séminaire de l’Esquille. Ils partaient à leur « campagne » de Croix Daurade et le dimanche et dimanches et jours de fêtes, étaient célébrés les offices paroissiaux. Le parc, quant à lui, était utilisé pour les processions.
 

Le Castelet, devenu mairie

le castelet
Autre trace du passé du quartier : la mairie de quartier, route d'Albi installée dans un Castelet classé.
A l'origine, il était un « petit bien de campagne » appartenant à la demoiselle Julie Demouis qui  le vendit en 1849 à Dame veuve Castan. Dans les années 1860, celle-ci fit édifier une maison de maître avec tourelles, orangeries, kiosques et décors signés toujours d'Auguste Virebent.

Théodore Ozenne, le propriétaire de l'hôtel de Bernuy - actuellement collège Fermat - l'acquit en 1895 pour en faire donation au lycée de jeunes filles Saint-Sernin. Il était affecté aux jeux, recréations et promenades. La mairie l'a transformé le 2 juillet 1998 en mairie de quartier. Photo ci-contre Castelet Mairie de quartier -  (c)  Michel Evrard
 

Le château « du pastel »


Le nom de cet ancien domaine du gardiage du capitoulat de Saint Sernin serait le rapprochement des deux mots, Pal et ficat : pieu planté. Le 5 janvier 1507, Jean de Bernuy achète le domaine à Jean Bonetti, seigneur de Bonrepos et de Bellevue. Jean de Bernuy acquit une fortune considérable grâce au commerce du pastel. Capitoul de la Daurade en 1533-1534, iIl fit construire l'hôtel qui porte son nom et qui abrite en partie le lycée Pierre de Fermat. Le dernier Bernuy a habité au château fut David qui mourut sans héritier. Il le transmit à son frère Jean de Bernuy-Villeneuve. Celui-ci chevalier de Saint Jean de Jérusalem, bailli de l'aigle et sénéchal de Malte remit en 1650 la seigneurie de Paléficat par acte de restitution à son cousin Jean de Bertier, premier président du parlement de Toulouse. Le domaine passa ensuite à l'un de ses fils Jehan puis à Antoine François de Bertier, évêque de Rieux, et prévôt du chapitre Saint Étienne.
Le 29 octobre 1705, à la mort de l'évêque, Paléficat passa à Messire Adrien de Bertier, marquis de Pinsaguel, puis à son fils    par testament du 17 février 1750. Le château fut vendu le 24 frimaire de l'an VIII à Michel Martin, homme de loi. Il ne le garda pas longtemps et le revendit à Anraud Lestrade. Plusieurs propriétaires se succédèrent ensuite et en 1890 la propriété fut acquise par Joseph Vidal, négociant de la place du Capitole.

Actuellement ce château fait l'objet d'un appel à projet dans le cadre de « dessine moi Toulouse ».

Du site de  Paleficat, vous pouvez rejoindre les bords de l'Hers pour des balades à pied ou en vélo conduisant à la découverte d'espaces naturels et verdoyants. Retrouvez les itinéraires dans les balades nature et culture  n°2 et n°4  de Toulouse Métropole.


Pour en savoir plus

Téléchargez l'article complet (format.pdf) consacré "A la découverte de Croix Daurade, village rue du XIXe siècle  ses alentours Borderouge, Trois Cocus, Grand Selve, Paléficat, les norias" rédigé par Michel Evrard habitant à Paleficat depuis 1970 et  membre des Toulousains de Toulouse, société de défense du patrimoine régional.

D'autres articles rédigés par Michel Evrard sont consultables sur le site des Toulousains de Toulouse.

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