Moutons, oies, chevaux... aux Argoulets
Depuis 2017, la mairie de Toulouse renouvelle une action d’éco-paturage sur le site des Argoulets. Rencontre avec Neil Glaser, « le berger des Argoulets ».

C’est Fennec, croisé de berger australien qui le premier a aperçu l’équipe de Toulouse.fr venue à la rencontre de son maître, Neil Glaser. Depuis le début du mois d’avril 2019, Neil s’est installé sur la zone verte des Argoulets pour une mission d’éco- pâturage. Chaque année, depuis 2017, la mairie de Toulouse renouvelle cette  action ! « Le berger des Argoulets » restera sur site jusqu’au 30 juin.

« C’est ma première mission en tant que berger, avoue-t-il. Mon vrai métier, c’est la voltige équestre » et la présence à ses côtés de Cyrius, cheval demi trait hispano-boulonais et Eco, de race lusitannienne vient confirmer ses dires. Après une formation circassienne, Neil voyage en France et s’arrête en résidence dans des haras où il présente ses numéros. Cyrius et Eco broutent avec bonheur l’herbe des Argoulets et certains jours, c’est avec eux que Niel accompagne son troupeau de brebis sur les 8 hectares des Argoulets.

Un troupeau de 56 têtes

Chevaux, oies, 30 brebis mères d'agenaux profitent de l’herbe riche du site soit un total de 56 animaux. « Ces bêtes appartiennent à ma mère, éleveuse près de Casteljaloux, aux carrefours des départements de la Gironde, des Landes et du Lot et Garonne, raconte Neil. Je perpétue ainsi une longue tradition de pastoralisme, une ambiance dans laquelle je baigne depuis tout petit ».

Sur la zone verte des Argoulets, Neil cotoie régulièrement le public : des familles avec des enfants, des sportifs, heureux de ces rencontres avec l’animal et son berger. « Avec la voltige équestre, j’étais centré sur le cheval, poursuit Neil, ici, je vis avec des animaux, tout mon travail est basé sur leur observation ». Neil s’interrompt brutalement : l’une de ses trois oies s’attaque au linge étendu ! Fennec la rappelle à l’ordre.

Une flore variée

Et Neil de continuer à expliquer le principe de l’écopaturage : « un principe qui profite au mieux aux animaux. La flore est variée, elle n’est pas mono-bloc , et les mamans brebis se sont refaits une santé aprés l’agnelage. Le passage successif des animaux fertilise le sol et de nouvelles plantes sont apparues ». 
Après ces trois mois d’écopaturage, Neil ramènera les brebis à la ferme familiale et repartira sur les routes présenter son spectacle équestre. S’il est heureux de voyager, Neil reste attaché à son coin de sud ouest « un point d’ancrage ». Son projet désormais ? Acquérir une ferme où il pourra venir se ressourcer !


À noter : la tonte des brebis aura lieu dans l’enclos fixe,  dimanche 26 mai à partir de 14h ! Accès par la rue de Rabastens, parking Maison du Tennis. Piste cyclable. Métro Argoulets.


L’éco-pâturage, une tradition adaptée à la ville

L'éco-pâturage, qui consiste à faire paître des animaux herbivores sur des espaces naturels, n’est pas nouveau ! C’est même une activité ancestrale ! La nouveauté réside dans l’introduction en milieu urbain de cette méthode alternative et complémentaire à l'entretien traditionnel des espaces verts. Par rapport à des tontes et fauches mécanisées, l’éco-pâturage favorise la biodiversité en multipliant les espèces végétales et en créant des micro-habitats pour la faune. Le bilan carbone des moutons est meilleur que celui de la tonte mécanisée et ils produisent moins de déchets. Depuis le 1er janvier 2017, Toulouse Métropole n'utilise en effet plus de produits chimiques phytosanitaires pour l'entretien de ses espaces verts afin de renforcer la préservation de l'environnement et la santé publique. Initiative en faveur du développement durable, l'éco-pâturage s'inscrit dans cette dynamique de recherche de méthode alternative et innovante pour compléter l'entretien traditionnel par fauchage et tonte. À cet intérêt environnemental s'ajoute une vertu pédagogique sur la vie d'un troupeau et le rôle des chiens, le métier de berger, et une dimension sociale par les rencontres sur site des promeneurs, des familles.