AZF : 20 ans après, Toulouse se souvient
C’est avec une émotion intacte que Toulouse commémore l’explosion de l’usine AZF qui, le 21 septembre 2001, provoquait la mort de 31 personnes, en blessait plus de 2500 autres et faisait des dégâts matériels considérables. 

La plus grave catastrophe industrielle d’après-guerre en France reste profondément inscrite dans la mémoire des Toulousains et dans l’histoire de leur ville. 
Ce mardi 21 septembre 2021, à 10h17, Toulouse se souvient et se recueille. 

Un parcours mémoriel dévoilé à l’occasion du 20e anniversaire

Implanté sur le site à proximité du Mémorial, l’œuvre d’art de Gilles Conan, ce parcours mémoriel composé de neuf pupitres retrace l'histoire de l'usine, de son passé industriel de 1924 à nos jours, la catastrophe elle-même, puis l’après-catastrophe, les procès et le renouveau du site.

Sur la base de ressources documentaires, les contenus, en trois parties, ont été élaborés sous l’égide d’un comité scientifique (historiens, sociologues, urbanistes..). La partie consacrée à l’histoire industrielle est illustrée par des photographies de Jean Dieuzaide, issues du fonds détenu par l’association AZF Mémoire et Solidarité (anciens salariés AZF) et mises à disposition de la Mairie de Toulouse.

Ce parcours a été dévoilé par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le 21 septembre 2021, à l'occasion du 20e anniversaire de la catastrophe.

L’explosion d’AZF racontée par les Toulousains 

France Bleu Occitanie et la mairie de Toulouse se sont associées pour donner la parole aux Toulousains et leur permettre d’exprimer la façon dont ils ont vécu ce 21 septembre 2001. 
Pendant deux mois, en mai et juin, un studio mobile a sillonné les quartiers de Toulouse et de la métropole pour aller à la rencontre des habitants.
Cette démarche inédite a permis d’enregistrer une centaine de témoignages, des instantanés de vies quotidiennes bouleversées par la catastrophe. Ils ont été rassemblés en un podcast de 12 épisodes à écouter sur le site de France Bleu Occitanie

Retour en images dans le A Toulouse de septembre

 

« AZF, 21/09/2001, 10 :17 », c’est le nom du supplément en images que les Toulousains vont découvrir dans le magazine municipal A Toulouse (sept.-oct. 2021) distribué ces jours-ci dans leurs boites aux lettres.
Un hommage qui s’appuie sur la puissance expressive de photos prises peu de temps après l’explosion. Le site dévasté, le cratère laissé par l’explosion du hangar 221, les intérieurs d’habitations sinistrées par le souffle de l’explosion… des images saisissantes qui témoignent de l’ampleur de la catastrophe. 

> A retrouver dans le A Toulouse n°82 


De l'ONIA à AZF : 80 ans d'histoire de la chimie à Toulouse

11 avril 1924, création de l’ONIA, dont l’État est l’unique actionnaire.
Au départ centrées sur les besoins les plus urgents de l’agriculture (fabrication de sulfate d’ammoniaque), les productions de l’ONIA se diversifient dès 1930 à travers la fabrication d’engrais ammoniaconitriques (l’ammonitre granulé), la synthèse d’acide nitrique et la production de nitrates de soude et de chaux. 

Dans la nuit du 2 mai 1944, un bombardement des Alliés inflige des dégâts importants à l’usine.
Dès 1946, après 2 ans de travaux, l’ONIA reprend son rythme d’avant-guerre. Dans ce contexte économique difficile, l’Office conforte pourtant sa place.
En pleine expansion, l’ONIA s’impose comme le plus important producteur français d’ammoniac synthétique. Le secteur chimique est alors un secteur d’activité important à Toulouse avec l’aéronautique.

A partir des années 1950, en plein développement industriel des Trente Glorieuses et urbain de l’après-guerre, l’ONIA devient leader dans la production du nitrate d’ammoniaque étiquette orange (NAEO).
Pour faire face à la concurrence internationale, l’Office diversifie ses activités vers des débouchés industriels, et non plus uniquement agricoles. Il oriente sa production vers la chimie fine promise à un bel avenir car son application est variée : désinfectants, blanchiment du papier, industrie du bois, produits de piscine, etc.

En 1983, une fusion donne naissance à un nouveau groupe d’État : AZF (Azote fertilisants) qui connait ensuite une longue période de restructurations et de réductions du personnel donnant lieu à des conflits et plans sociaux.
A la veille de la catastrophe, Grande-Paroisse « AZF », unité du groupe TotalFinaElf, est le premier producteur français de fertilisants agricoles et le troisième européen. 470 salariés y travaillent auxquels il faut ajouter une centaine de sous-traitants permanents.

 

Synthèse chronologique issue de textes extraits du parcours mémoriel