Autour du canal du Midi #7 : le bas-relief des Ponts Jumeaux

À la découverte des trésors du canal du Midi avec les Archives municipales et le concours de l'Office de tourisme : le bas-relief des Ponts Jumeaux, une œuvre à la gloire de l'Occitanie.

Légendes photo : L'Occitanie tenant le gouvernail d'une barque ornée de la croix du Languedoc. Phot. Renard, Stéphanie. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2016, non coté.

Un ouvrage d'art lié à la création du canal de Brienne...

En 1770, le creusement d'un nouveau canal est entrepris, sur l'impulsion de l'archevêque Loménie de Brienne, présidant alors les États de la province du Languedoc, afin que les bateaux navigant sur la Garonne puissent contourner l'épineux passage de la chaussée du Bazacle. Avant de rejoindre le fleuve, le canal de Brienne et le canal du Midi se rejoignent au port de l'Embouchure, agrandi à cette occasion. à l'entrée de ce bassin, un nouveau pont est construit, enjambant les deux canaux : les Ponts Jumeaux.

… orné d'un bas-relief monumental

L'espace compris entre les piles des ponts est alors décoré d'un bas-relief. La Province fait appel au sculpteur toulousain François Lucas, que l'on connaît également à Toulouse par les groupes sculptés qui ornent la place Saint-Cyprien. Il réalise ici une œuvre en marbre de Carrare de 15 m sur 4 m, taille exceptionnelle pour un bas-relief. Pour faire baisser le coût de transport, Lucas se rend en Italie et dégrossit et ébauche le marbre lui-même. Une fois arrivés à Toulouse, les blocs sont scellés à leur emplacement définitif et sculptés sur place. Le bas-relief est terminé en 1775 et la mise en service du canal a lieu en 1776.

< Image : Le cardinal Loménie de Brienne visite le sculpteur Lucas. Édouard Debat-Ponsan, 1896. Phot. Daniel Molinier. Ville de Toulouse, STC.

… célébrant les États du Languedoc

L'œuvre de Lucas contribue à l'agrément du site, mais elle rappelle également la libéralité et le pouvoir de ceux qui ont contribué à la modernisation et à l'embellissement de la ville. L'allégorie représente au centre l'Occitanie, tenant le gouvernail d'une barque ornée de la croix du Languedoc. Elle ordonne à deux génies de creuser le canal pour « la commodité et sûreté de son commerce ». Le Canal est personnifié par un homme barbu, le bras gauche appuyé sur une urne. Les génies sont placés devant une écluse derrière laquelle se profile une voile de bateau. Entre la voile et la tenture centrale, on peut voir un panorama de Toulouse sur lequel se détache le dôme des Chartreux.
À droite la Garonne, tenant une corne d'abondance, encourage de la main un génie laboureur qui tient une charrue tirée par des bœufs. La figure féminine centrale, appelée l'Occitanie depuis la fin du 19e siècle, représente les États du Languedoc, commanditaires du projet. Ainsi, le bas-relief célèbre l'action de la Province qui apporte la prospérité et la fertilité à la ville de Toulouse et à toute la région.

 

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Autour du canal du Midi #6 : le port Saint-Sauveur

À la découverte des trésors du canal du Midi avec les Archives municipales et le concours de l'Office de tourisme : le port Saint-Sauveur, une création du XIXe siècle.

Le port Saint-Sauveur dans les années 1960. Carte postale, Labouche Frères. Ville de Toulouse, Archives municipales, 9 Fi 6320.

Les ports : des installations mises en place tardivement

Jusqu'au début du XVIIIe siècle, le seul port existant sur le canal du Midi est celui de l'Embouchure au niveau de la jonction du canal à la Garonne. Il permet les changements des bateaux, ceux navigant sur le canal n'étant pas adaptés aux flots impétueux du fleuve. Au niveau du château, entre les ponts Guilheméry et Saint-Sauveur, lieu où se concentre pourtant l'activité, les bateaux chargent et déchargent les marchandises sur les francs-bords, en dépit des mauvaises conditions.
Malgré les demandes réitérées du pouvoir central depuis 1685, la famille Riquet, propriétaire de la voie d'eau et de ses installations, ne réalise le premier port toulousain qu'en 1708 : le port Saint-Étienne. Pour ce faire, le canal est alors élargi et un quai est aménagé sur 200 m de long côté ville.

Le port Saint-Sauveur…

Sous la pression des négociants et des bateliers, une extension du port Saint-Étienne est réalisée peu avant la Révolution Française. 150 mètres de quai supplémentaire, en amont du pont Saint-Sauveur (actuel pont Montaudran), sont alors construits. Devant des besoins toujours grandissants, un vaste programme d'aménagements démarre en 1830, débouchant sur la création du nouveau port Saint-Sauveur. Prolongement naturel du port Saint-Étienne, il a une longueur totale de 500 mètres et une largeur de 33 mètres. Au cours du XIXe siècle, divers bâtiments sont édifiés sur les quais par l'administration du canal (entrepôts, gare des accélérées...).
…d'une activité portuaire à une activité de plaisance

Jusqu'aux années 1980, le canal était avant tout un lieu de travail, entièrement dévolu aux bateliers, ces « gens de l'eau ». Avec le déclin de la batellerie et du transport de marchandises par voies d'eau, le canal et ses berges sont devenus un lieu de loisirs, dédié à la promenade, à des pratiques sportives... Les bâtiments liés à l'activité portuaire (entrepôts pour le bois et les outils nécessaires à la réfection des ponts et des écluses, stockage des grains avant transport) installés au bord du canal, ont été remplacés par des immeubles d'habitations. Le port Saint-Sauveur, aujourd'hui port de plaisance, accueille la capitainerie dans l'un des anciens entrepôts rénovés, l'autre abritant du matériel de la Caserne des pompiers Eugène-Lougnon située en face.

Le port Saint-Sauveur avec, au 1er plan, l'ancien entrepôt rénové accueillant aujourd'hui la capitainerie. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2013, IVC31555_20103100750NUCA.

 

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Autour du canal du Midi #1 : l'écluse Garonne

À la découverte des trésors du canal du Midi avec les Archives municipales et le concours de l'Office de tourisme : l'écluse Garonne, le premier ouvrage du canal royal des Deux-Mers.

L'écluse de descente en Garonne et le port de l'embouchure, 1873 (détail). Delon Eugène (photographe). Collection particulière.

La première écluse du canal du Midi…

La pose de la première pierre de l'écluse de Garonne, permettant la liaison entre le fleuve et le canal du Midi, se déroule le 17 novembre 1667, lors d'une cérémonie solennelle, associant les prélats de la Province, les Capitouls et les membres du Parlement. À cette occasion, des médailles à l'effigie du roi sont frappées et jetées dans les fondations. Après ces débuts en grande pompe, des déconvenues se font voir : un accident à l'écluse des Minimes pousse Riquet à modifier son modèle. Il la remplace par une écluse double à bassin rectiligne. Elle est complétée par une autre pièce d'eau permettant aux bateaux d'attendre le passage à l'abri des courants parfois violents du fleuve. Une maison éclusière et un hangar sont également aménagés sur le site.

Plan et élévation des trois écluses du canal

Plan et élévation des trois écluses du canal à son embouchure dans la rivière de Garonne, vers 1780. Ce plan manuscrit aquarellé est agrémenté d'une scène de halage à force d'homme. Archives des canaux du Midi, Série des Plans et profils, non coté.

… désaffectée lors de l'ouverture du canal latéral à la Garonne…

En 1856, l'ouverture du canal latéral à la Garonne, reliant Bordeaux à Toulouse, rend l'écluse inutile : les barques n'ont plus à emprunter l'impétueux fleuve pour rejoindre l'Atlantique ; elles ont désormais à leur disposition le doux lit du canal latéral. Inexploitée, l'écluse tombe peu à peu en ruine. Vers 1966, la construction des digues protégeant la ville des inondations ferme définitivement le passage vers la Garonne.

… et détruite en 1973 lors de la construction de la rocade

Dans les années 1960, de grands aménagements routiers sont projetés à Toulouse. C'est l'époque de la voiture reine où tout est fait pour faciliter la circulation des véhicules à travers la ville. De grands parkings sont construits dans le centre à la place des halles anciennes ; des autoponts traversent les carrefours… On envisage même pendant un temps de réaliser une autoroute dans le lit du canal du Midi ! Heureusement, l'obstination des Monuments Historiques, en la personne de son architecte en chef, Sylvain Stym-Popper, a permis la sauvegarde de l'ensemble des ponts-jumeaux et de son bas-relief, et a limité l'impact de l'aménagement du pont autoroutier sur le site historique du port de l'Embouchure, entraînant la disparition de l'écluse seule et la réduction de la taille du bassin.

Travaux de modification du bassin (rétrécissement) pour la construction de l'échangeur des Pont-Jumeaux de la rocade ouest, 10 juin 1978. Direction de la communication de la ville de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 15 Fi 1151/5.

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L'écluse de la Garonne avec les Archives municipales de Toulouse sur Urban-Hist, le patrimoine toulousain à la carte,  site cartographique et base documentaire sur le patrimoine toulousain.

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Autour du canal du Midi #2 : le bow-string

À la découverte des trésors du canal du Midi avec les Archives municipales et le concours de l'Office de tourisme : le bow-string, un pont type en béton sur le canal latéral à la Garonne.

Canal latéral à la Garonne, photographie d'un chantier de construction d'un pont bow-string, 1930. Archives des canaux du Midi, CF 364.

Un canal bien tardif…

Dans son projet de joindre les deux mers par la terre, Pierre-Paul Riquet envisage un canal traversant le sud de la France de Sète à Toulouse, l'accès à l'océan se faisant ensuite par la Garonne. Si le canal du Midi a toujours permis une navigation en toute saison sans grand risque, la Garonne, connaissant trop souvent des périodes de crues ou d'étiage, mettait en dangers les bateaux et leurs cargaisons ainsi que les équipages. Pour faciliter le commerce, l'Etat envisage donc au début du 19e siècle, le creusement d'une nouvelle voie d'eau de 193 km, parallèle au fleuve, assurant la circulation des barques en toute occasion entre Toulouse et Castets-en-Dorthe, près de Bordeaux. Le projet d'étude réalisé par l'ingénieur en charge du projet, Jean-Baptiste de Baudre, est lancé en 1828 par l'ordonnance du 17 décembre. L'adjudication des travaux se déroule en 1839 et la première pierre est posée au pont-canal d'Agen le 25 août suivant par le duc d'Orléans. En 1856, l'ouverture du canal est fêtée en grande pompe mais l'euphorie est de courte durée.

… devenu rapidement obsolète

En effet, la gestion du canal latéral à la Garonne est confiée par l'Etat à la compagnie des chemins de fers du Midi nouvellement créée. Cette dernière, en pleine expansion, développe en priorité ses activités ferroviaires en donnant aux trains l'avantage grâce une politique tarifaire favorable. Dès la seconde moitié du 19e siècle, l'activité économique liée aux canaux décroît rapidement. Le rachat par l'Etat des voies d'eau en 1898 insuffle, pour un temps, une relance de l'activité batelière grâce à la suppression notamment des taxes de navigation. Toutefois, l'absence de mise en conformité des installations du canal du Midi et du canal Latéral au gabarit Freycinet défini en 1879, freine le développement du transport fluvial et les canaux sont peu à peu délaissés par les chargeurs. Les modernisations tardives de certains ouvrages par l'Etat dans les années 1970 ne relance pas l'activité marchande.

pont bow string enjambant le canal

Pont Bow-string enjambant le canal latéral qui desservait le chemin de Fondeyre et le chemin de Fenouillet, actuellement simple passerelle. Photo Friquart Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2010, IVC31555_20103100780NUCA_P.

Un pont emblématique du canal de Garonne : le bow-string

Le canal latéral à la Garonne, traversé par plus de 80 ponts le long de son cheminement, a connu deux grands types d'ouvrages. Ceux réalisés lors de sa construction étaient des ponts suspendus dont le tablier en bois reposait sur des culées en brique ou en pierre. Etroits et peu solides, ils ne permettent plus dès le 1er quart du 20e siècle d'absorber la circulation automobile grandissante. Au début des années 1930, l'Etat lance un appel d'offre pour reconstruire l'ensemble de ces ponts sur un modèle dessiné par les ingénieurs des Ponts et Chaussées : le bow-string. En béton armé, cet ouvrage « en corde d'arc ou arc sous-tendu » est muni d'un tablier horizontal servant de tirant associé à des poutres latérales verticales (en arc au-dessus du tablier) encastrés l'un dans l'autre aux extrémités. Connaissant les mêmes désagréments que son prédécesseur, car limité à 16 tonnes, le bow-string connaît depuis la fin des années 1980, une grande vague de reconstruction. Toutefois, devenu emblématique du canal de Garonne, ce modèle est encore visible le long de son parcours. Il en existe un à Toulouse, à 2,623 kilomètres en aval des Ponts Jumeaux. C'est le pont de Béziat qui permet aujourd'hui à un cheminement piéton de franchir le premier bief du canal de Garonne.

Pont bow-string enjambant le canal latéral qui desservait le chemin de Fondeyre et le chemin de Fenouillet,

Pont bow-string enjambant le canal latéral qui desservait le chemin de Fondeyre et le chemin de Fenouillet, actuellement simple passerelle. Photo :Friquart Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2010, ivc31555_20103100782NUCA.
 

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Autour du canal du Midi #4 : le pont-canal des Herbettes
À la découverte des trésors du canal du Midi avec les Archives municipales et le concours de l'Office de tourisme : le pont-canal des Herbettes, un ouvrage d'art méconnu.

Vue aérienne du pont-canal des Herbettes. Canal du Midi, périphérique. 2008. DIRSO. Service de la Navigation du Sud-Ouest.

Les ponts-canaux, un système mis en place dès la création du canal du Midi par Riquet

Lors de la construction du canal royal des Deux-Mers, Pierre-Paul Riquet prévoit la construction de trois ponts canaux pour permettre à la nouvelle voie navigable de franchir des cours d'eau. Ces ouvrages,—dont le plus ancien, le pont-canal de Répudre dans l'Aude, date de 1676, sont toutefois de taille réduite.
Le XIXe siècle donne le jour à des ponts-canaux beaucoup plus imposants comme celui de l'ingénieur Urbain Maguès permettant au canal d'enjamber l'Orb à Béziers sur 240 mètres de long (1858). Depuis le XVIIe siècle, une trentaine d'ouvrages de ce type ont été aménagés le long du canal du Midi dont le dernier au début des années 1980 : le pont-canal des Herbettes.

Rocade sud de Toulouse, pont-canal des Herbettes, perspective. Diazotype, vers 1980. Ville de Toulouse, Archives municipales, 150W259-a.

Le pont-canal des Herbettes, un ouvrage en acier pour une installation rapide

Lors de la construction de la 3e section du périphérique sud entre Jules-Julien et le Palays, au début des années 1980, il a été décidé de faire la traversée du quartier de Rangueil en tranchée pour limiter les nuisances sonores. La présence du canal du Midi a conduit à la mise en place d'un pont-canal pour permettre à la rocade de passer dessous et préserver au maximum le site historique. Pour ne pas interrompre longuement le service de la navigation, le choix s'est porté sur un ouvrage susceptible d'être préfabriqué en usine et d'installation rapide : un pont-canal en acier. Ce dernier long de 74 mètres possède un tablier de 400 tonnes à vide pouvant supporter une charge de 2 700 tonnes ! Fabriqué en douze tronçons par les établissements J. Richard Ducros à Alès dans le Gard, il a été soudé sur place et installé par glissement. La circulation des bateaux a repris après quelques semaines d'arrêt en 1984.


Pont-canal des Herbettes, vue aérienne du 14 juin 1986. Direction de la communication de la ville de Toulouse. Ville de Toulouse, Archives municipales, 15 Fi 4484/6.

Un parti-pris esthétique

L'architecte chargé du projet a choisi de tirer parti de la structure même du pont-canal en la soulignant par des bandeaux rouges et verts disposés en alternance dont la visibilité varie avec la position de l'usager sur la rocade. Vu de loin le tablier est bicolore, alors que vu par-dessous il ne semble peint que d'une seule couleur. Cet effet est dû à sa structure à redans.

 

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