Groupe Archipel citoyen
Tribune parue dans le magazine municipal A Toulouse d'octobre 2020.

Petite enfance : «le diable se cache dans les détails

Septembre, le mois du changement pour bien des familles qui voient leurs enfants devenir grands. Pour les jeunes parents les questions restent identiques: quelle structure de garde, quel secteur et surtout quel budget ? La rentrée scolaire en petite section entraînant de fait un appel d’air dans les structures de petite enfance, on pourrait penser que les places sont plus nombreuses en septembre dans les structures d'accueil, qu'il s'agisse d’assistantes maternelles, de MAM, de crèches associatives, familiales, d'entreprises ou collectives.
En réalité bien peu de foyers auront le choix du mode de garde et d'autant moins pour les plus modestes. Si la crèche collective ou familiale, reste le moyen le plus économique de faire garder ses enfants, ce sésame reste malheureusement inaccessible pour une majorité de Toulousain(e)s. Chaque demande de place, désormais «anonyme», passe par la commission d'admission unique, pour le moins opaque, qui vérifie le nombre de «points» du foyer, en fonction de différents critères. Le critère de revenu ayant disparu en 2016 et la garde occasionnelle étant défavorisée au regard de la garde régulière, une fois de plus les familles les plus précaires, avec un des deux parents, parfois les deux, en recherche d'emploi, sont défavorisées. Pour autant, du système de garde d'enfant dépend souvent le retour à l'emploi d'un des deux parents, souvent les mères, créant des difficultés d’insertion et accentuant les inégalités hommes-femmes. En 2019 seulement 40% des demandes de places ont pu être honorées pour les couples qui travaillent, ce pourcentage descend à 23% pour les familles dont un seul parent travaille! Le nombre de places en crèche est un enjeu prioritaire et particulièrement sensible. En 2014, début de mandat, Monsieur Moudenc promettait 1 000 places en crèches supplémentaires d'ici 2020. Une annonce qui n'avait par ailleurs rien d'exceptionnel au regard d'une ville comme Toulouse, avec en moyenne 6 500 naissances domiciliées par an. Que sont-elles devenues ?

Crèches collectives

Au 30 septembre 2019, le nombre de places nouvelles créées en structures d’accueil collectif est de 902, pas si loin des 1 000 promises. Mais il s'agit là d'une imposture: sur ces 902 places supplémentaires, pas moins de 506 avaient été initiées (divers projets en cours, finalisés après 2014) au mandat précédent, sous Pierre Cohen.

Crèches familiales

Milieu 2015, la majorité municipale décide de donner la priorité aux familles avec une activité professionnelle et de ne plus recruter de nouvelles assistantes maternelles, faisant chuter le nombre de structures de 11 à 9, à la suite de regroupements. Entre janvier 2015 et janvier 2019 ce ne sont pas moins de 300 places qui ont été supprimées et non renouvelées. La réalité est donc la suivante: un peu plus de 900 places créées, dont 506 par le mandat précédent et 300 places supprimées.
Le véritable bilan est d'à peine une centaine de places supplémentaires sur 6 ans. Le choix du mode de gestion des structures interroge également. La gestion en régie directe ne va concerner que 15% de ces nouvelles places, les 85% restant allant au profit de la gestion associative et privée. S'il est important de soutenir les associations, on assiste, une fois de plus, à l'expansion d'une politique de privatisation, touchant ici les services de la petite enfance avec l'abandon des crèches municipales et de leur personnel, toujours au détriment des principaux concernés: les foyers les plus précaires. Pour le groupe d'élu(e)s de l'opposition Archipel Citoyen, cette réalité est une nouvelle illustration du décalage entre les paroles et les actes et ses conséquences pour les Toulousain(e)s.

M. Bleuse, H. Cabanes, R. Cujives, A. Deheurles, J. El Arch, I. Hardy, C. Honvault, M. Le Texier, H. Magdo, A. Maurice, O. Maurin, J. Mukabucyana, F. Piquemal, A. Roby.