Secrets de quartier - Soupetard Comment Jean Montariol a façonné le quartier
L'équipe de Toulouse.fr vous propose de poser un autre regard sur vos quartiers à travers des balades patrimoniales, sous la houlette de "passeurs de passions". Sonia Moussay, de l’association "En Quête de Patrimoine" nous emmène à la découverte du quartier Soupetard.

Tout l’été, l'association En Quête de Patrimoine sous la houlette de Sonia Moussay offre un certain regard sur le patrimoine de la ville et propose aux habitants du quartier Soupetard – La Gloire des visites-enquêtes. C’est dans le quartier Soupetard que Sonia Moussay amène les habitants pour cette première balade.

« Savez-vous quel est l’origine de ce nom Soupetard ?,  lance-t-elle aux participants.Soupetard était le nom d’une métairie, au même titre que La Menuisière ou La Colombette. Les champs étaient difficiles à cultiver et il était fort tard quand le paysan rentrait manger... Les gens à l’époque avaient de l’humour !», ajoute Sonia dans un grand sourire. Après ce préambule, la balade peut démarrer. 

Jean Montariol, architecte des années 30

Tous les participants sont arrivés au point de rendez-vous : le kiosque de la Roseraie. « Il est un centre d’attraction à lui tout seul », confie Abdallah, son gérant qui sert café, boissons fraîches, glaces et tartines. Ce kiosque Art Déco était auparavant installé allées Jean Jaurès et depuis un an, il a rejoint le square Vincent Tonelli.
Sonia Moussay donne à sa balade l’allure d’un quizz en ponctuant la déambulation avec des questions : « savez-vous qui est à l’origine de la construction de ce kiosque Art Déco ? C'est une réalisation de Jean Montariol, explique Sonia. Sous la mandature d’Etienne Billières, maire de Toulouse dans les années 1930, il était architecte de la ville et des HBM (habitations bon marché), ancêtres de nos HLM et poursuivait un objectif : offrir aux habitants une vie plus agréable et plus saine. Il a marqué de son empreinte le quartier Soupetard et toute la ville ! » C’est également à lui que l'on doit la construction des bains-douches de Saint-Cyprien et des Minimes, le parc des Sports et la piscine Nakache, le kiosque de la place Pinel, la bibliothèque du Périgord et 15 écoles à Toulouse !

L'école de la Juncasse

L’école de la Juncasse où Sonia conduit son groupe en est une illustration. 

« Cette école était nécessaire dans le quartier suite à l’afflux de population venue vivre dans la cité HBM, conçuue par Jean Montariol ! Le plan de l’école de la Juncasse est identique aux 14 autres écoles qu'il a construites. D’un côté les garçons, d'un autre les filles. Les deux bâtiments arborent un bas relief illustrant leurs jeux, très  stéréotypés. Les filles dansent, jouent à la poupée ; les garçons font du sport et… se battent  ! commente Sonia.(cf photo ci-dessous)
Jean Montariol a été le premier à utiliser du béton, recouvert par de la brique. Le bâtiment présente deux éléments qui signent son appartenance à la ville. Vous les voyez ? interroge Sonia. Il s'agit du blason de la ville et les initiales V et T pour ville de Toulouse. » (photo ci contre)

 

Maison toulousaine ou maraîchère ?

Sonia invite les visiteurs à poursuivre leur balade pour découvrir les maisons du quartier. Celles-ci sont de deux types : la maison toulousaine et la maison maraîchère.

Quelles différences?

Les maisons toulousaines ont fleuri du milieu du XIXesiècle jusqu'au début du XXe sous l’impulsion d’habitants ayant quitté la campagne pour venir travailler en ville, une illustration de l’exode rural. La façade donne sur la rue, elle cache à l’arrière un jardin. Le grenier, matérialisé par des occuli, surmonté parfois d’antéfixe n’a aucune fonction agricole contrairement à la maison maraîchère qui utilise le grenier pour faire sécher les fruits et les légumes.
La maison maraîchère présente une façade aveugle donnant sur la rue. La façade principale s’ouvre vers le jardin. Le galet est sa principale matière première, une matière première bon marché, consolidée par un appareillage de brique. Elle date du XIXe siècle.

C’est devant la cité-jardin de Soupetard, créé également par Jean Montariol que prend fin la balade. « Il s’agit de l’une des 9 cités-jardins édifiées dans les années 1930 pour loger des ouvriers et fonctionnaires à bon marché. Ils possédaient ainsi un grand jardin pour nourrir toute la famille.Trois types de maisons ont été dessinées et c’est la seule cité qui réunit les trois modèles de maisons. »

 

D’autres balades sont proposées aux habitants du quartier durant tout l’été. Téléchargez le programme au format.pdf

 


Pour aller plus loin dans la découverte