Derniers jours Jean-Paul Marcheschi, artiste tout feu tout flamme
Avant sa fermeture pour travaux, le musée Paul-Dupuy consacre une rétrospective au peintre Jean-Paul Marcheschi, inspirée des volcans, des ciels nocturnes et de L’Enfer de Dante. À découvrir jusqu’au 31 mars.

Des nuances d’argent et d’or pâle, des feuillets recouverts d’écritures et de suie, des constellations rougeoyantes dessinées par la cire et des silhouettes spectrales filants comme des comètes. Cette manière de dialoguer avec la flamme, de jouer avec les mots dans des effets d’ombre et de lumière n’appartient qu’à Jean-Paul Marcheschi.
Le peintre corse, auteur en 2007 de l’œuvre monumentale Voie lactée de la station de métro des Carmes, présente, au deuxième étage du Musée Paul Dupuy, 25 ans de compagnonnage avec le feu. Un voyage à la présence étrange et entêtante. Une rétrospective en 70 œuvres qui vient souligner l’un des thèmes de prédilection du peintre : les astres et le ciel. « Des œuvres récentes inédites côtoient ainsi des pièces phares, à l’image des Morsures de l’aube ou des sculptures dites Les Immatériaux, mais aussi les maquettes du décor du ballet L’Oiseau de feu créé pour le Théâtre du Capitole en 1995 » précise le musée. 

Sous la caresse des flammes 

C’est en 1984 que le peintre (né à Bastia en 1951) découvre l’ile volcanique de Stromboli, en Sicile. Fasciné par la beauté du feu, il troque, peu à peu, ses pinceaux et ses pots de peinture contre les flammes. Dès lors, les thèmes du Livre, de la Nuit et du Temps vont s’imposer dans son travail. Depuis, l’artiste « peint » de grandes compositions sur des feuilles de papier canson de format « A4 » couvertes de mots puis retravaillés avec le feu. Pour cela, il se sert de la cire et de la suie produites par de grandes torches faites de quelques bougies à longues mèches, qu'il manie comme des pinceaux. « De la pensée au-delà de la lumière et de la matière » explique l’artiste. Sublime !

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