Histoire La naissance du graff à Toulouse
Toulouse a été, avec Paris, un des berceaux du graffiti en France. Depuis le milieu des années 1980, notamment avec l'aventure de la Truskool, cet art s'est développé dans la ville pour connaître aujourd'hui une popularité sans précédent. Retour sur l'histoire du graffiti dans la Ville rose.

« TOULOUSE ». Avec ces huit lettres, peintes sur un mur long de 30 mètres, le long des voies ferrées près de la gare Raynal, c'est à sa ville que « Mosquito » décide de rendre hommage pour l'un de ses premiers graff'. On est en 1987, en hiver, et ce jeune Toulousain de 18 ans vient de réaliser par la même occasion le premier graff' de la ville de Toulouse.

Le graff toulousain est né

C'est à Arnaud-Bernard, terrain de jeu idéal avec ses nombreux terrains vagues, et dans le quartier de La Terrasse que le graffiti commence à vivre ses premiers essors. À l'époque, on s'inspire beaucoup du style new-yorkais, seule référence pour les aspirants graffeurs, à l'instar de 2Pon et Déclic, considérés aujourd'hui comme les pères du graffiti toulousain.

À partir des années 1990, les articles dans les médias se font plus nombreux, les graffeurs aussi. De nouveaux talents émergent, de nouveaux styles également. Des affinités se créent, des groupes (des crews) se font et se défont. Bientôt, une bande de graffeurs se forme. D'abord ABS pour Arnaud-Bernard System, puis TLT pour T'es laid Toulouse, le groupe accueille 2Pon, CeeT, Soune, Tilt, Der, Pone ou encore Tober. Gravitant autour du groupe, il y a aussi des filles : Miss Van et Mademoiselle Kat, Fafi, Lus et Plume.

La Truskool, icône du graff' français

En 1996, ils ne seront plus que 2Pon, Der, Tober, Pone, CeeT et Tilt. Ensemble, le crew évolue et change de nom pour devenir la True school puis la Truskool,  qui sera un des collectifs artistiques les plus marquants de l'histoire du graff français.

La Truskool commence à vivre de son art. Des tournées européennes et américaines sont organisées avec Adidas, leur partenaire historique depuis 1998. Un documentaire (« Trumac », d'Etienne Bellant-Huchery, diffusé en 2002) retrace une partie de l’histoire de cette période. 

En 2002, le groupe se sépare. Il se reforme cependant en 2017, pour une commande spéciale de Jean-Luc Moudenc, à savoir une fresque de 30 mètres de haut pour 12 de large sur un immeuble du quartier… Arnaud-Bernard ! La boucle est bouclée. (voir photo ci-dessus)

Les Toulousaines et le street art

Dans les années 1990, le milieu du graffiti est principalement masculin. Mais dès cette époque, à Toulouse, des figures féminines s'imposent. Miss Van et Mademoiselle Kat, d'abord, évoluent dans ce milieu en effervescence. Elles sont rejoint quelques temps plus tard par Fafi. Toutes les trois se démarquent de leurs camarades masculins. Miss Van et Mademoiselle Kat ne font pas de graffitis à la bombe mais travaillent au pinceau et à la peinture acrylique. Elles dessinent des personnages féminins aux formes très arrondies qui recueillent plus facilement l'adhésion des Toulousains que les graffitis, moins accessibles pour le grand public. Elles participent ainsi à l'intégration du street art dans la ville, n'hésitant pas à peindre en plein jour dans les rues du centre-ville de Toulouse. Aujourd'hui, elles sont des artistes accomplies et reconnues.

Source : « Truskool : Une histoire du graffiti à Toulouse »