Groupe Archipel citoyen
Tribune parue dans le magazine municipal A Toulouse de novembre 2020.

De la crise sanitaire à la crise sociale Soutien aux associations

La pandémie de Covid-19 illustre dramatiquement toutes les vulnérabilités de notre modèle dévastateur. Elle provoque une crise économique et sociale sans précédent et accentue l’urgence d’agir pour organiser notre résilience, relocaliser l’économie, renforcer les services publics et tous les métiers du lien, consolider la protection sociale. La ville de Toulouse se doit d'agir en ce sens afin de protéger les Toulousaines et Toulousains, notamment par le soutien au secteur associatif.
En la matière, la politique menée par la majorité s’inscrit dans une approche cloisonnée. Pour Jean-Luc Moudenc, la culture se résume à une juxtaposition de secteurs, le sport à un certain nombre de clubs et les associations à un simple statut juridique. Cette approche montre ses limites alors que l’enjeu est bien global, transversal et ne peut se réduire à des réponses au coup par coup.
Il est temps de reconnaitre le rôle essentiel joué par le tissu associatif, en matière de cohésion sociale, de partage, d’échanges et de confrontation des idées. Cette crise fait courir un risque important à la société en accentuant les clivages, la transformant en une mosaïque de visions et d’intérêts divergents.
La reconnaissance des apports essentiels du secteur associatif – culturel et sportif en particulier – représente un enjeu majeur pour le groupe Archipel Citoyen. Il encourage notamment à questionner le modèle des appels à projet qui tend à mettre en concurrence les associations entre elles, au détriment de la coopération, pourtant indispensable dans un moment comme celui que nous vivons, les empêchant d’inscrire leurs actions dans le moyen et long terme. Il est également indispensable de prévoir des temps de formation, d'information, et de renforcement de la capacité d’agir, afin de mettre toutes les associations sur un pied d'égalité concernant les dispositifs et les compétences des institutions, l'accès au guichet unique…
À Toulouse, depuis des années, les associations ont été malmenées, subissant quasiment toutes une baisse moyenne de 25% sur 6 ans de leurs financements, sans concertation, mettant en péril la survie d’une bonne part d’entre elles. Ce traitement, qui s’appuie sur un simulacre d’égalité, est un signe manifeste d’une absence de vision politique de la municipalité et traduit un manque de considération générale pour les associations.
Or, elles concourent à l’intérêt général, leur dynamique constitue une richesse qui contribue à faire exister la démocratie et le vivre-ensemble, en permettant l’émancipation individuelle et collective. La liberté associative est une des conditions du développement économique, social et environnemental d’un territoire.
Elles présentent ainsi une utilité sociale complémentaire à celle des politiques publiques. Les associations peuvent être un soutien pour apporter une expertise citoyenne utile à l’élaboration des politiques publiques. La confiance et la coopération entre collectivités et associations sont des facteurs de renouveau démocratique.
La municipalité doit donc considérer les associations comme de réels partenaires pour construire ensemble des outils au service du commun. Nous préconisons de leur proposer la signature d’un Pacte général qui illustrera la reconnaissance et la confiance mutuelles entre la collectivité et les associations. Ce Pacte pourrait prévoir la signature de “Conventions d’objectifs et de moyens” en lieu et place des appels à projet avec la majorité d’entre elles.

Les élu·e·s du groupe Archipel Citoyen