Groupe génération.s, socialisme et écologie

Tribune parue dans le magazine municipal à Toulouse n°67, septembre - octobre 2019.

3e ligne de métro: un financement improbable pour un projet qui ne répond pas aux urgences

Au mois de juillet, les partis politiques de gauche et écologiste (PS, PCF, Génération.s, EELV, GDS et GRS) et leurs élu.e.s au Conseil municipal ont rédigé une contribution commune à l’enquête publique sur le projet de 3e ligne de métro (TAE-Connexion Ligne B.) Compte-tenu de l’importance de l’impact de ce projet pour la Ville, nous vous communiquons ci-dessous un résumé de cette contribution commune :
"Dans cette contribution commune, il ne s’agit nullement de décrier l’intérêt du projet de 3e ligne de métro (Toulouse Aerospace Express -TAE), ni l’opportunité de prévoir une infrastructure de ce type pour les décennies à venir. Mais s’il peut s’avérer utile, ce projet doit être grandement amélioré afin de répondre à l’urgence de désengorgement de l'agglomération. Pour ceci, il doit jouer la complémentarité avec le réseau ferroviaire et avec un maillage de transport en commun en surface (bus rapides, tramway, train, métro…) efficace, capable de desservir la périphérie de manière qualitative. Les projets de 3e ligne de métro et de connexion de la ligne B (CLB) ne peuvent être déconnectés des enjeux urbains, écologiques et sociaux contenus dans le Plan Mobilités et dans la révision des documents d'urbanisme. Dans leur rapport annuel de 2019, les magistrats financiers de la chambre régionale des comptes utilisent le terme de «pari sur l'avenir dont le financement reste à stabiliser» pour définir ce projet de troisième ligne comprenant un tracé de 27 kilomètres et 21 stations dont le coût prévisionnel est passé de 1,7 milliard d'euros (estimation de Jean-Luc Moudenc) pendant la campagne municipale de 2014 à 2,67 milliards d'euros en 2019. Soit un différentiel d'un milliard d'euros alors que sa construction n'a pas encore débuté. Ce budget représente plus des deux-tiers de l'enveloppe budgétaire du plan de déplacement urbain (environ 4 milliards d’euros) jusqu'en 2030.
La Chambre Régionale des Comptes, après avoir épluché les comptes de Tisséo, estime «qu'il existe un fort aléas sur le coût final de la troisième ligne de métro» et que son financement est entouré d'incertitudes, notamment vis-à-vis de l'évolution des charges d'exploitation de Tisséo et d'une hypothèse optimiste de la croissance économique de l'agglomération. Pour répondre aux problématiques de mobilité, de qualité de l'air et de congestion automobile, les bonnes réponses doivent être apportées dans un temps aujourd'hui très limité. Or le dossier soumis à enquête publique prévoit un investissement de près de 3 milliards d'euros qui va absorber une grande part des investissements en matière de transports pour les prochaines décennies.
Avec le projet de 3e ligne de métro, la part modale des véhicules particuliers ne baisserait que de 4% à horizon 2030. En outre, le Plan Mobilités proposé ne permet pas d'endiguer la progression des déplacements automobiles (+1 7% ), ni les émissions de gaz à effet de serre (+9 % ). Les objectifs du Plan Climat et de réduction de la pollution de l'air ne sont donc pas atteints.
Nous proposons donc que la collectivité étudie, en parallèle, une option multimodale globale et priorise les investissements indispensables pour une réponse rapide aux enjeux urgents de mobilité."


Groupes : Socialiste - Génération.S, Socialisme et Écologie  - Communiste Républicain et Citoyen

François Briançon, Pdt Groupe Socialiste
Isabelle Hardy, Pdte Groupe Génération.s, Socialisme et Écologie
Pierre Lacaze, Pdt Groupe Communiste

 

Article mis à jour le 23/09/2019