Groupe Toulouse vert demain

Tribune parue dans le magazine municipal à Toulouse n°60, décembre 2018 et janvier 2019.

Toulouse 2030 : l'avenir de Toulouse est-il à vendre ?

Nous, opposition municipale toulousaine, affirmons que les orientations en matière d’urbanisme et d’architecture doivent relever de la puissance publique permettant de garantir la solidarité, la démocratie et l’écologie.
Depuis 2014, la Droite toulousaine n’a de cesse de déléguer ses responsabilités au privé en privilégiant un urbanisme d’opportunisme.
À cet égard, le choix de Jean-Luc Moudenc d’accueillir à la mi-octobre l’événement «Toulouse 2030» sur la place du Capitole s'est révélé très symbolique de la dérive en cours.

La générosité en trompe-l'œil du monde bancaire et immobilier

Ce «forum» qui se proposait de «donner à voir la ville de demain» a été financé par des fonds privés issus de donations de partenaires du monde bancaire et de l’immobilier, comme n'ont pas manqué de le répéter l'association organisatrice et le maire de Toulouse.
On était donc priés de se réjouir que des acteurs privés fassent généreusement cadeau aux Toulousaines et aux Toulousains de leurs moyens financiers et de leur expertise pour leur dessiner la meilleure métropole possible.
Or, les collectivités locales ont un rôle à jouer pour diffuser la culture urbaine et architecturale. Nous rêvons d'une ville qui développe des lieux de débat public permanents et ouverts à tous, pour réfléchir à la ville de demain à partir de l'intérêt public. Un projet existait par le passé dans ce sens, mais les locaux qui devaient l'accueillir ont malheureusement été vendus par la municipalité pour la construction d'un hôtel de luxe.
Avec Toulouse 2030, nous avons plutôt eu droit à une exposition de maquettes conçues par les promoteurs immobiliers et à un diner de gala privé, en décalage avec l’objectif d'une ville «sociale» et «humaine» affiché par ailleurs...

Parlons plutôt des sujets qui concernent tous les Toulousain(e)s !

Les besoins en logement dans une ville dynamique comme celle de Toulouse sont immenses. Ce n’est pas en donnant les clés de Toulouse aux promoteurs que ce problème va se résoudre de manière satisfaisante. La politique en matière de logement doit être menée avec éthique, sans mélange des genres, quels qu’ils soient, dans le souci de l’intérêt général et en toute indépendance. Une ville digne de ce nom doit penser le vivre ensemble via ses habitants, ses associations, en co-construisant un espace public partagé, un urbanisme accepté. C’est à cette condition que chacune et chacun y trouvera sa place.
Au final ce forum est le révélateur de la politique urbaine menée par l'équipe municipale actuelle. Car depuis 2014, la maîtrise publique des opérations d'urbanisme n'a cessé de baisser et les exemples de recul des pouvoirs publics sont nombreux, à Jolimont, Malepère, Place de l'Europe ou encore à Croix-Baragnon... Des modifications de la réglementation urbaine ont été faites en fonction des intérêts bien compris des propriétaires des terrains (Purpan, Latécoère, Freescale, Voies Navigables de France...), sans parler des projets urbains imposés au profit de grands promoteurs pour des logements et hôtels de luxe (Tour Occitanie, Hôpital La Grave, parkings Jean-Jaurès...).
L’événement Toulouse 2030, vaste opération de communication à un million d’euros, est d’autant plus choquant qu’il intervient à un moment où les Toulousaines et les Toulousains constatent que leur quotidien se dégrade: moins de pouvoir d’achat, moins de service public.
Face à cette conception très particulière de la recherche de l’intérêt général, nous voulons au contraire privilégier l’initiative citoyenne pour dessiner la ville du futur, avec et pour les Toulousain(e)s.


Groupe Toulouse vert demain

Les élu-e-s écologistes : Antoine Maurice (Président du Groupe), Michèle Bleuse, Régis Godec

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Article mis à jour le 03/12/2018