Portes et fenêtres #3 - Les fenêtres de la maison d'Élie Géraud
À la découverte du patrimoine toulousain avec les Archives municipales et l'Office de tourisme avec un focus sur les portes et fenêtres : des ouvertures dans tous leurs états ! Épisode 3 autour des fenêtre Renaissance de la maison en pan de bois d'Élie Géraud.

Façade de la maison d’Élie Géraud, fenêtre du 2e étage Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, nc.

La richesse des pans de bois du centre ancien de Toulouse

Façade de la maison d’Élie Géraud. Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, nc
Toulouse ville de brique est, depuis une dizaine d'années, partie à la redécouverte de ses édifices à pans de bois dont le nombre s'élève à plus de 150 dans le centre ancien. Protégées par des enduits, les façades de ces maisons ne dévoilent pas toujours leur structure mais le flâneur attentif peut les identifier grâce aux fins encadrements en bois de leurs fenêtres. Une vingtaine de maisons de ce type est toujours en place rue des Filatiers dont la très belle maison dite d’Élie Géraud au numéro 9.

< Façade de la maison d’Élie Géraud. Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, nc. 

 

 

 

Une maison exceptionnelle à plusieurs titres


Cette maison qui porte la date étonnante de 1577 est la propriété d’Élie Géraud, maître orfèvre, dont les initiales gravées sont encore lisibles sur le linteau de la fenêtre du 2e étage. On peut se demander à quel type de travaux fait référence cette date car depuis 1555 les capitouls avaient remis en vigueur une ancienne ordonnance interdisant de construire autrement qu'en brique ou pierre. Toutefois, cette interdiction n'a été que passagère, des pans de bois des XVIIIe et XIXe siècles en témoignent. Et si Élie Géraud n'a pas fait rebâtir sa maison à cette époque, il a embelli sans conteste sa façade, en faisant poser des encadrements de fenêtres très ouvragés, dans le goût du moment.

< Façade de la maison d’Élie Géraud, fenêtre du 1er étage. Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, nc.

 

Un décor faisant appel au vocabulaire de la Renaissance 

< Façade de la maison d’Élie Géraud, fenêtre du 1er étage, détail du décor sculpté (frises d'oves et de palmes). Photo. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2017, nc.

Les deux fenêtres, à l'origine divisées par un croisillon central, sont différentes dans leur forme et leur décor. Au 1er étage, l'encadrement au motif d'oves repose sur un appui à denticules agrémenté de trois consoles sculptées avec, au centre, un médaillon orné du monogramme du Christ (IHS) et, de part et d'autre, un cœur cerné de palmes. Une corniche ciselée de palmettes et d'oves le couronne. La baie supérieure, bâtie sur le même principe, propose quant à elle un décor très architecturé : des pilastres cannelés supportent un entablement coiffé d'une corniche simplement moulurée. L'ensemble de ces ornements est issu du vocabulaire décoratif de la Renaissance très en vogue à l'époque à Toulouse. Même si l'ensemble reste modeste, il témoigne toutefois du désir d’Élie Géraud d'imiter les riches façades de certains hôtels particuliers dont les baies aux encadrements de pierre débordaient déjà de décors à « l'antique ».

 

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