Portes et fenêtres #5
Chaque mois, partons à la découverte du patrimoine toulousain avec les Archives municipales et l'Office de tourisme. En 2017, focus sur les portes et fenêtres : des ouvertures dans tous leurs états ! Ce mois-ci, Les mirandes de l'hôtel d'Astorg. 

Les mirandes, particularités de l'architecture méridionale

Ce mot désigne les petites fenêtres en arcade placées au dernier niveau de certaines maisons toulousaines. Alignées sur toute la largeur de la façade, elles servaient à aérer ou à éclairer des greniers ou galeries hautes, sans que l'on sache si elles étaient fermées ou non. De même qu'il s'agit d'une particularité de l'architecture méridionale, dont on retrouve quelques exemples sur le pourtour méditerranéen, de l'Italie à l'Espagne, le mot « mirande » est spécifique au midi et d'un usage récent. Les contrats de maçon anciens les appellent « arvoutz » ou « arquades ». Ce n'est qu'à la fin du 19e siècle qu'apparaît le terme « mirande ». En occitan, miranda désigne un belvédère ou un lieu élevé d'où l'on peut observer les alentours, tout comme l'espagnol mirador, dont la racine est la même.

Une forme caractéristique du 17e siècle

Les mirandes font leur entrée dans l'architecture toulousaine au début du 17e siècle. L'hôtel d'Astorg au 16 rue des Changes en conserve une belle série, surmontant une élévation datée de la 1re moitié du 16e siècle. Ce dernier niveau fait partie d'une campagne de construction postérieure, allant de pair avec les escaliers et galeries en bois de la cour, typiques des formes architecturales du 17e siècle.
Pour peu qu'on lève les yeux, les mirandes sont visibles sur une soixantaine d'édifices dans le centre ancien, on peut notamment en voir au 16 place du Parlement, sur une façade datée de 1647.

Élévation antérieure du 16 rue des Changes. Phot. Daniel Molinier / Ville de Toulouse, 2003.

Disparition et renaissance

A la fin du 17e siècle, les mirandes disparaissent du vocabulaire architectural toulousain pour revenir en force au début du 20e siècle dans la vague du régionalisme. Daté des années 1920-1930, l'immeuble situé au 2 place Saint-Sernin ouvre ses mirandes face au musée Saint-Raymond. Un peu plus tard, en 1950, l'architecte Jean Valette les utilise dans son extension de l'hôtel Dahus rue Ozenne pour le Crédit Agricole. Un des exemples les plus réussis de réutilisation des mirandes se trouve sur l'immeuble ouvrant sur la place des Carmes, construit en 1960 sur les plans de l'architecte Michel Desbiaux. Formes imposées par l'architecte de la ville, tout comme l'utilisation de la brique, les mirandes s'intègrent dans une élévation jouant sur la dissymétrie et les contrastes de couleurs entre la brique et le béton.

Vue d'ensemble du 18 rue des Prêtres, à l'angle de la place des Carmes. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2006,  IVC31555_06310469NUCA.

 

Photo en haut : Détail des mirandes du 16 place du Parlement. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure, Région Occitanie – inventaire général / Toulouse Métropole / Ville de Toulouse, 2006,  IVC31555_07310421NUCA.

Pour en savoir plus :

Voir toutes les visites guidées