Sciences et techniques #9 Les ornements en terre cuite

Avec les Archives municipales, l'Atelier du patrimoine et l'Office de tourisme, partez chaque mois, à la découverte du patrimoine toulousain.

Photo ci-dessus : détail du pan coupé 30 rue Croix-Baragnon. Phot. Friquart Louise-Emmanuelle - Toulouse Métropole ; Inventaire général Région Occitanie, 2010, IVC31555_20103100926NUCA

Un magasin au décor parlant

Sur la place Saint-Étienne, face à la cathédrale, se dresse un bel immeuble au style éclectique, empruntant son fronton et ses pilastres au style néo-classique et sa toiture d'ardoises à la Mansart au XVIIe siècle parisien. L'essentiel du décor se concentre sur le pan coupé.
Deux haut-reliefs en terre cuite se dressent au dessus de la porte : Hermès, le dieu du commerce, portant une bourse, le caducée et accompagné d'une ancre marine et, de l'autre côté, une allégorie de l'industrie avec enclume, masse et roue d'engrenages.
Le fronton est quant à lui orné d'un cuir découpé sur lequel figurent un fil à plomb, un marteau et une gradine. Deux cornes d'abondance l'entourent. 
 

F.D. Monna, fabriquant de statues d'ameublement d'église

Monument aux morts de l'église Bonnefoy, statue de la Vierge de Douleur. Phot. Bonenfant, Julie - Toulouse Métropole. Inventaire général Région Occitanie, 2014, IVC31555_20143101434NUCA


< Monument aux morts de l'église Bonnefoy, statue de la Vierge de Douleur. Phot. Bonenfant, Julie - Toulouse Métropole ; Inventaire général Région Occitanie, 2014, IVC31555_20143101434NUCA

 

Le décor du fronton fait référence aux outils du sculpteur, tandis que les allégories du commerce et de l'industrie ancrent cet art dans le monde moderne du XIXe siècle. Le décor architectural devient une véritable vitrine du savoir-faire de son occupant.
En effet, à cette adresse se trouvait le magasin du statuaire François-Dominique Monna, dont la manufacture s'élevait au bas de la Côte-Pavée, à proximité du canal et du chemin de fer.
Active de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1940, la fabrique était spécialisée dans la statuaire religieuse et l'ameublement d'église : chemins de croix, autels, retables, dont la commande explose avec le renouveau du sentiment religieux de la fin du siècle. 

 

 

 

 

Une fabrique caractéristique de l'industrie toulousaine de la 2e moitié du XIXe siècle

Connue depuis l'Antiquité, la production de céramique ornementale connaît un renouveau grâce aux procédés mis au point par la fabrique Virebent à Launaguet dans les années 1830. Le succès est tel que de nombreuses manufactures voient le jour : Viguié, Connac, Négrier ou encore la famille Giscard qui implantent ses ateliers dans le quartier de la Colonne, à proximité du cimetière de Terre-Cabade. 
Le fonctionnement de cette manufacture a été bien étudié : les sculpteurs attachés à l'atelier créent des modèles qui servent ensuite à réaliser des moules à pièces permettant des reproductions en série. Ces produits sont ensuite vendus sur catalogue, permettant leur diffusion à travers toute la France. 
Ayant construit leur réputation sur les décors d'architecture, ces fabriques se tournent ensuite vers les ornements religieux, puis dans la réalisation de monuments aux morts à la fin de la Première guerre mondiale.     
Léguée à la ville de Toulouse et actuellement en restauration, la maison Giscard devrait devenir un espace dédié à la céramique et à la terre cuite. 

Photo ci-dessous : Atelier de la fabrique Giscard, 27 rue de la colonne. Phot. Balax, Olivier (c) Inventaire général Région Occitanie, 1998, IVR73_98311137ZA_P

Atelier de la fabrique Giscard, 27 rue de la colonne. Phot. Balax, Olivier (c) Inventaire général Région Occitanie, 1998, IVR73_98311137ZA_P

 


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