Le Jardin Japonais, havre de paix
L'équipe de Toulouse.fr vous propose de poser un autre regard sur vos quartiers à travers des balades dans des jardins plus ou moins connus en compagnie d'un guide. Cette semaine, direction le Jardin Japonais, Labellisé "jardin remarquable", il offre au regard et à l’esprit beauté et sérénité. Soyez zen, cet été ! 

Les arts martiaux, la cérémonie du thé, l’art floral et les jardins japonais illustrent la philosophie du zen. Toulouse, avec son "Jardin Japonais" l’illustre à merveille et offre aux visiteurs un véritable havre de paix et de quiétude.

Notre guide, Jean DesanglesPortrait de Jean Desangles, photo : Marie Hazam

Responsable de l’équipe des jardiniers du secteur Compans, Jean Desangles a durant plus de 20 ans présidé aux destinées du Jardin Japonais. La passion a été un de ses  « outils »  et aujourd’hui, il nous guide à travers les 7000 m² du jardin, organisé autour du lac.

Le Jardin Japonais est niché au cœur du jardin Compans Caffareli. Ce dernier reliant le boulevard Lascrosses au canal du Midi est né de la volonté du maire de Toulouse, Pierre Baudis. En 1981, ce dernier réalise une vaste opération d’urbanisme sur les 17 ha laissés libres par les anciennes casernes Compans-Caffarelli. Le Jardin Japonais sera inauguré en 1983 et en 2016, il est baptisé Pierre Baudis en hommage à son créateur. Un buste de ce dernier a d'ailleurs été érigé en bord du lac. Il est labelisé jardin remarquable.

La nature sublimée

Nous pénétrons par la Grande Porte, tout récemment construite par les employés municipaux sur le modèle de la porte impériale du palais Katsura à Kyoto. Le voyage commence ! 

« Le seuil matérialise le passage d’un monde à l’autre, explique Jean Desangles et un jardin japonais est toujours fermé » ajoute t-il. Une protection qui rajoute à ce sentiment de plénitude et d’intimité qui commence à nous investir. Le pavillon de thé se profile au détour d’une allée bordée de bambous et d’arbres.

porte entree, photo : Marie Hazam allees de bambous, photo : Marie Hazam

 

Jean Desangles en profite pour nous présenter la taille en rideau, la taille en nuage ou en plateau.

« Ces tailles d’arbres, explique notre guide, permettent de sublimer la nature, de mettre en valeur la charpente de l’arbre ou de laisser entrevoir un paysage à travers ses branches. La répartition des végétaux se fait de manière à recréer la nature : sous les arbres caduques, des persistants et des arbustes à floraisons colorées. La plupart proviennent d'Extrême Orient (faux vernis du Japon, paulownia, sophora, koeulreteria, plaqueminier, chaenomeles japonica, chinomanthus, aralia élata ...) , poursuit-il, enthousiaste. Les cerisiers à fleurs sont de petits arbres, qui offrent une profusion de fleurs, avant la venue des feuilles, ils sont très décoratifs et raffinés. Nous célébrons le 1er week end  d’avril la fête des cerisiers » et bien sûr, chaque année, Jean Desangles se mobilise pour guider le public à travers le jardin, en guide averti et passionné.

L’art de la symbolique

L’apaissement nous envahit : Le triptyque « minéral, végétal, aquatique » fait son œuvre. Notre regard est attiré par le lac. « L’eau circule d’est en ouest, du lever au coucher du soleil, symbolisant la naissance et la mort de l’homme » poursuit notre guide.

Jean Desangles offre avec cette balade un merveilleux cadeau : celui du rêve. Et c’est un livre d’images que nous feuilletons ; chaque plante, chaque arbuste, chaque lanterne, chaque caillou raconte une histoire. Le Jardin Japonais se dévoile à travers les paroles du guide.

Les éléments du pavillon de thé rappellent le palais de Katsura édifié au XVIIe siècle au sud-ouest de Kyoto. Sa structure a été étudiée suivant les proportions du tatami de Kyoto (1.92 X 0.96 m).

Le lac d'une superficie de 700 m²  joue un rôle de miroir, et son île rappelle l'île légendaire de 

Horai, symbole de paradis. Quant au monticule le plus haut, il s’agit du mont Fujihama

D’un regard nous embrassons ce lac et tournons la tête. Notre œil est attiré par une mer de galets, rochers et graviers blancs. C’est un jardin zen identique à ceux réalisés par les moines boudhistes entre le IX e et XIe siècle ; il matérialise les relations de l’homme avec la terre et le ciel.

Disposées selon des règles précises (hauteur, nombre, groupement), les roches représentent les éléments d'éternité ;  elles  proviennent du Sidobre, soit 950 tonnes. Les reliefs quant à eux symbolisent les paysages célèbres du Japon et les volcans. 

Les vacances d’été sont l’occasion pour le visiter mais accordez-lui une visite à chaque saison car le jardin est en fête aux printemps avec ses cerisiers en fleur et l’automne, il se transforme en un magnifique bouquet orangé.


Le saviez-vous ?

Au temps de l’antiquité, les paysans croyaient qu‘au printemps, les Dieux des Champs redescendaient dans les cerisiers en fleurs. Ils allaient alors s’asseoir sous les arbres et partageient leur repas avec eux. La fleur de cerisier symbolise la vie sur terre : belle, fragile mais fugace.


Pour y aller :

Métro ligne B - station Compans-Caffarelli

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