Chalets/Roquelaine : un quartier charmeur

Aucun pré-requis au départ de cette découverte. Laissez le charme agir ! il est omni-présent. Seules consignes à respecter : flanez , levez les yeux, observez, humez. Bertrand Verdier, président de l'association Chalets Roquelaine sera votre guide. Rendez-vous place de la Concorde

portrait de Bertrand Verdier

 

Le président de l'association Chalets-Roquelaine, Bertrand Verdier est un "passeur de mémoire" et un amoureux du quartier. Depuis 1981, il y habite dans  la maison chargée d'histoire de son arrière grand-mère.

C'est avec beaucoup de passion et un brin de tendresse qu'il nous fait découvrir ce lieu au charme préservé. L'association qu'il préside entend le défendre et le  faire partager.

 

7500 habitants dans le quartier

"Le quartier est délimité par le canal et les boulevards, encadré par l'avenue Honoré Serres et la rue Matabiau. Il compte 7500 habitants. Deux événements sont à l'initiative de la construction de ce quartier : la démolition des remparts en 1830 et la construction de la gare en 1850, raconte Bertrand Verdier. Le quartier Chalets - Roquelaine s'est structuré autour d'anciennes voies ou chemins qui partant de différentes portes des remparts de la ville de Toulouse menaient à Croix Daurade ou à Launaguet. Au début du XIXe siècle, ce quartier faisait partie de la ceinture maraichère de la ville, coupée par des chemins de passage. Toutes ces voies traversaient le gardiage, territoire communal entourant la ville,  sorte de banlieue ou lieu de sauvegarde pour éventuellement accueillir des émigrants."

Deux places au cœur du quartier

fontaine

Le quartier possède deux places : la place de la Concorde et la place Roquelaine. Leur point commun :  Léo Laporte Blairsy, le sculpteur à l'origine de la création de la fontaine construite sur la place de la Concorde et du monument aux morts de la place Roquelaine.

Le saviez-vous ?  Place emblématique du quartier, la place de la Concorde accueille une fontaine, inaugurée en 1913  qui a la particularité d'être la dernière construite pour sa fonction : fournir l'eau potable aux habitants au XIX esiècle. Une allégorie à la poésie romane à admirer.

 

Des rues chargées d'histoire de la Résistance

Au détour des rues du quartier, découvrez des histoires de la Résistance toulousaine.

maison philippe

Rue RoquelaineMarc Lévy dans son livre "Les enfants de la liberté" raconte l'histoire de son père et de son oncle, juifs résistants membre de la brigade Marcel Langer. Ils attaquent un transport de fonds au centre de chèques postaux alors installé dans les  locaux de l'actuel CRDP Canopée de l'Académie de Toulouse dont l'entrée se trouve rue Roquelaine.
À quelques encâblures, une maison rue d'Orléans, a été le siège d'une réunion importante à la veille de la Libération de Toulouse avec Jean Cassou, commissaire de la République pour la région de Toulouse nommé en juin 1944 et gravement blessé rue Roquelaine en sortant de la réunion.
La rue Robert Borios porte le nom d'un capitaine de gendarmerie, membre du groupe "Libérer et fédérer" arrêté par la gestapo et fusllé à Bordeaux le 29 juillet 1944

Le Capitaine Escudié, ingénieur électricien, capitaine des FFI fut tué le 19 août 44 au carrefour de la rue qui porte son nom et de la rue du printemps.

Rue du commissaire Philipe. Dane cette rue habitait ce policier toulousain qui préféra donner sa démission de manière spectaculaire plutôt que d'arrêter des juifs. Jugé et condamné à mort, il fut fusillé le 1er avril 1944. Photo ci-dessus : Maison du commissaire Philipe.

 

Sur les traces de l'usine Job

En 1838, à Perpignan, Jean Bardou a l'idée de proposer aux fumeurs de cigarettes des carnets de papier prédécoupé : il dépose sa marque en 1842 :  les initiales J et B, séparées par un petit losange. L'aventure JOB commence. Joseph Bardou s'associe avec la famille toulousaine Pauilhac qui lui apporte ses capitaux.

Le quartier porte les traces de cette grande aventure industrielle. Une usine, rue Claire Pauilhac, une  série d'hôtels particuliers sur le boulevard de Strasbourg et à l'angle de la rue Roquelaine : l 'hôtel Pauilhac, l'hôtel  de Marsan, l'hôtel Calvet.  Le CRDP Canopée de l'Académie de Toulouse est d'ailleurs installé dans l'hôtel de Marsan. Verrières, sculptures sur façade et jardins attirent le regard.


Verrières multicolores

exemple de vitrail de Gesta

L'association Chalets-Roquelaine a recensé dans le quartier plus de 400 vitraux réalisés par Victor Gesta maître-verrier de 1848 à 1894. La nuit tombée, flâner dans les rues du quartier est un vrai bonheur et une fois l'an à l'automne, les bénévoles de l'association guident une visite.

 

Au cœur du quartier se dresse le château classé monuments historiques, ancienne résidence de la famille Gesta. Celui-ci abritait une salle d'exposition, véritable galerie des illustres où le maitre verrier présentait ses réalisations.

Du jardin du verrier, récemment aménagé par la mairie, il est possible d'admirer ce château aux allures de contes de fée, flanqué de tourelles aux toits pointus.
Photo ci-dessus : extraite du site de l'association Chalets-Roquelaine.

 

La maison des chalets

céramiqueantefixe

En flânant dans les rues, levez la tête ! Vous découvrirez les décorations des maisons des chalets. Un florilège de "jalousies", "lambrequins", "antéfixes" , "mascarons", céramiques  et vitraux ! Sans oublier les marteaux de portes et les décrottoirs !

Le saviez-vous
Pourquoi ce quartier a été appelé "les chalets" ? 
Les maisons construites au XIXe siècle étaient en bois et étaient des lieux de rendez-vous galants !


Devinette

Gymnaste formé à Paris, Jean Léotard revient à Toulouse en 1836 ; il est engagé comme professeur à l'école royale d’équitation, qui se situait au jardin des plantes. Il ouvre quelques années plutard au 4 rue de la Concorde un gymnase où se pratiquent escrime, jeu de paume, boxe, et danse. Son fils, Jules invente une nouvelle discipline en 1859. Savez vous laquelle ?


Jules met au point la technique du trapèze volant. Grâce à son numéro sans filet, avec trois trapèzes, il se fait embaucher en 1853 dans le cirque Napoléon, futur cirque d'hiver. Jules Léotard meurt à 32 ans victime de la variole, il est enterré au cimetière de Terre Cabade.


Pour aller plus loin

Prolongez la découverte du quartier en lisant les gazettes publiées par l'association sur son  site

Participez aux visites organisées par l'Office de tourisme de Toulouse

Découvrez le patrimoine toulousain à la carte avec le site UrbanHist

Profitez du mardi au dimanche, tous les matins, des étals du marché de Cristal sur le boulevard de Strasbourg

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