Agriculture urbaine : de la faux à la fourchette
L’espace de démonstration et d’expérimentation dédié à l'alimentation et à l'agriculture urbaine (EDENN) a remporté le défi "Alimentation durable et agriculture urbaine" de l'appel à projets Toulouse Impact, lancé par Toulouse Métropole en octobre 2020.  

Toulouse.fr a rencontré deux membres du collectif d'associations EDENN, un espace d'expérimentation dédié à l'alimentation et à l'agriculture urbaine au coeur du quartier des Trois-Cocus : Jean-Baptiste Ortega et Florian Champoux, respectivement co-fondateur de Synethic et co-gérant de Terreauciel.


Toulouse.fr : Pouvez-vous nous présenter EDENN ?
Jean-Baptiste Ortega et  Florian Champoux  : En février 2020,  le collectif EDENN a pris possession de l’ancien local des services techniques au 216 route de Launaguet et d’une bande de terre bordée par le périphérique, dans le quartier des Trois Cocus, soit 8000 m².
Lauréat de l'appel à projets « Dessine-Moi Toulouse », et accompagné par le parcours Adress, EDENN (Espace de Démonstration et d’Expérimentation à la Nature urbaine) est un espace dédié à l’alimentation et à l’agriculture urbaine dans les quartiers prioritaires nord de Toulouse (Izards / Trois Cocus). Il regroupe 10 structures différentes, autant de métiers et intègre des bureaux partagés, ainsi que des espaces de production agricole, une plateforme de stockage et de production de compost.


Quels objectifs poursuivez-vous ?
Nous voulons apporter la démonstration qu'il est possible de bien se nourrir même quand on vit en zone urbaine, à l’intérieur du périphérique, à condition de revoir notre façon de procéder. En d'autres termes, d'apporter la preuve qu'une agriculture urbaine est possible.
C’est un projet d’économie sociale et solidaire qui a deux objectifs : créer de l'emploi et structurer un système alimentaire solide qui va de la faux à la fourchette, autrement dit du producteur au consommateur final, basé sur les principes de l’économie circulaire.
Chaque partenaire a sa place et son rôle dans le collectif : la serre de 200 m2 gérée par la Milpa fournit les plants que Terrauciel intègre dans ses carrés maraîchers, tandis que le compost de l’association Récup Occitanie amende le terrain. D’autres structures telles que Partageons les jardins, Vrac ou la ferme de Bordebio viennent compléter cet écosystème. La liste complète des partenaires est à retrouver sur le site de Synethic.

 

Comment allez-vous utiliser la dotation de ce Prix ?
Jean-Baptiste Ortega : Ce prix va nous permettre de rémunérer un salarié chargé de la coordination, l’animation et la communication. Notre souhait à terme est de créer des emplois et d’accueillir des stagiaires, notamment des élèves de 3e pour leur faire découvrir nos métiers. EDENN représente aujourd'hui 20 emplois localisés sur le site.


Et ensuite ?
Florian Champoux
Une fois cette phase d’expérimentation terminée, Terreauciel souhaite développer l’activité d’agriculture et de maraichage sur un espace de 3 ha en bordure de l’Hers.

Jean-Baptiste Ortega : Edenn continuera de fédérer et d' accueillir tout porteur de projet souhaitant expérimenter des modes de production et consommation innovants en ville afin d’incarner pleinement son rôle de lieu "totem" des dynamiques agricoles et alimentaires futures.


Pour aller plus loin

Visiter la page dédiée à EDENN

Contacter EDENN par mel


 

Le témoignage d’un « légumeur » de Terrauciel
Boris Halimi

« J’ai toujours rêvé d’avoir un jardin. Quand j’ai vu l’annonce sur Facebook, j’ai saisi l’opportunité. A cause du confinement hélas, la première saison a été écourtée ; j’espère que cette année, nous pourrons faire une année complète avec des cultures d’hiver.
Tomates, concombres, oignons, choux-fleurs, petits pois, carottes, fraises : quelle satisfaction de récolter ses propres légumes et d’avoir réussi à les faire pousser !
Le principe est le suivant : Terrauciel nous propose un carré potager avec des cultures imposées, ensuite nous pouvons cultiver ce que nous souhaitons sur une parcelle libre. J'y ai cultivé des melons, haricots, blettes et piments.
A la saison, j’y vais tous les jours même le dimanche ! Je suis dans ma bulle, c’est mon petit coin à moi, je m’échappe de la ville, et j’en oublie même le périphérique tout proche. Ce coin de jardin, c’est aussi la rencontre et la découverte. Tous les 15 jours, il y a un atelier avec le jardinier sur un sujet thématique, tous les deux mois, c’est un barbecue, un apéro…. enfin quand les conditions sanitaires le permettent ! »

Cette expérience a été tellement enrichissante pour Boris qu'il envisage même une reconversion: aujourdhui cuisinier, il souhaite devenir jardinier. L’an dernier, il a d’ailleurs participé à la newsletter de Terrauciel et a proposé des recettes avec les légumes du moment.


C'est quoi Toulouse Impact ? 

Toulouse Métropole a lancé cet appel à projets à l'automne 2020 pour soutenir les entreprises de l'économie sociale et solidaire, dans le cadre de son Plan de relance pour l’emploi.
Découvrez les autres lauréats

Article mis à jour le 26/04/2021