A Reynerie, le pigeonnier du domaine de Fontaines
Pendant cette période de confinement, toulouse.fr vous dévoile des secrets du patrimoine de notre ville. Partons à la découverte du pigeonnier du domaine de Fontaines qui s’élève, tel une figure de proue, sur la presqu’île du lac de Reynerie. 

 

Edifice à base carrée, muni d’un toit à 4 pans, le pigeonnier qui émerge du lac de Reynerie porte le nom de pigeonnier du domaine de Fontaines.

Mentionné sur le relevé du cadastre napoléonien, celui-ci aurait été édifié dans la deuxième moitié du XVIIIesiècle. Il est surmonté d’un drôle d’épi de faîitage, sorte pot de fleurs renversé.

Aujourd’hui, un goeland leucophée l’a choisi comme piedestal.

 

 

Pourquoi des épis de faîtage ?

Nommés épis de faîtage, ces éléments avaient plusieurs vocations :

  • une vocation ornementale d'une part  : certains d’entre eux sont de véritables œuvres d’art
  • des objectifs fonctionnels d'autre part : à savoir assurer une bonne étanchéité du toit et servir de point de repère aux pigeons.
  • enfin, certains spécialistes leur prêtent des valeurs symboliques :  telle que la prospérité du pigeonnier.

Et ses sculptures ?

Le pigeonnier des fontaines est construit sur arcades et l’une d’entre elle abrite une sculpture représentant un enfant tandis que le terre-plein entourant le pigeonnier accueille une "maternité".

Ces deux sculptures "l’enfant à la boule" et "la maternité"sont la reproduction de deux œuvres de l’artiste André Abbal .

La ville de Toulouse demanda à la fille du sculpteur, Anne-Marie Abbal, l’autorisation de réaliser une épreuve de chaque sculpture pour les placer sur la presqu’île du pigeonnier en face de la place qui porte le nom de l’artiste. Les deux œuvres furent inaugurées le 8 mars 1998 à l’occasion de la Journée des droits de la Femme.

L’histoire de "l’enfant à la boule"  

André Abbal avait sculpté, en 1913, un Grand Ingres à la façon du Balzac d’Auguste Rodin. Très critiqué, le sculpteur détruisit son œuvre dans laquelle il conserva la tête et fit l’enfant à la boule dans le corps du peintre montalbanais. 
L’enfant à la boule est très représentatif du style d’Abbal, déterminé à partir de 1914 à faire épanouir son style basé sur le synthétisme des formes et l’épuration des lignes. L’œuvre montre un corps trapu, tout en rondeur, qui s’apprête à lancer un ballon d’un beau mouvement.

L’histoire de "la maternité" 

 

La femme est un des thèmes récurrents dans l’œuvre d’André Abbal.

Après les atrocités de la Première Guerre mondiale, le peuple avait besoin d’images rassurantes. La Femme et les enfants et donc les maternités faisaient partie de ces images réconfortantes.

André Abbal réalisa plusieurs œuvres sur ce thème. La sculpture du lac de Reynerie est une copie d’une version de 1942.

 

 

 

 

 

Qui était André Abbal ?

Né en 1876, André Abbal était issu d’une famille de tailleurs de pierres. Il a été formé à l’école des Beaux Arts de Toulouse, puis à celle de Paris. Il fit partie du mouvement « de la sculpture indépendante » avec les sculpteurs Maillol et Bourdelle notamment. Il est aussi l’auteur de  bas-reliefs présents sur le monument aux morts de Toulouse. Marié avec une habitante de Carbonne, c’est dans cette commune qu’il installa son atelier, devenu aujourd’hui musée. Les originaux des deux sculptures présentes à Reynerie sont exposés dans le jardin public du musée André Abbal  à Carbonne.


Pour aller plus loin

Visitez... virtuellement le parc de Reynerie
Le parc de Reynerie, à quelques centaines de mètres du lac vient de bénéficier d’une rénovation par la Mairie. En attendant sa réouverture, découvrez sa faune, sa flore et les élements patrimoniaux qui ponctuent ses allées.

Découvrez l’histoire du château en consultant les articles de L'Auta, la revue de l'association des Toulousains de Toulouse, gestionnaire du musée du Vieux Toulouse.

Repérez-vous en consultant le site Urban Hist consacré au patrimoine de Toulouse