Jardin Niel : un livre d'histoire en plein air
Dans le jardin Niel, 7 panneaux matérialisent le riche passé historique de ce site majeur de l'archéologie toulousaine. Ce parcours pédagogique est le fruit du travail concerté mené par la Mairie, l'atelier du patrimoine, le musée Saint-Raymond en lien avec le comité de quartier Saint-Agne Niel.

Durant trois années, de 2009 à 2011, des fouilles archéologiques ont été menées sur près de 2 hectares situées dans  le quartier Saint-Roch Empalot permettant de mettre au  jour un site  majeur. Situé à proximité de la Garonne, ce quartier était un lieu particulièrement attractif pour les populations qui s'y sont installées pour y vivre et travailler. «  Les restes d'amphores à vin en provenance  d'Italie – plus de 100 tonnes découvertes - et les monnaies méditerranéennes trouvées en cet endroit témoignent d'une activité commerciale florissante », explique Guillaume Verrier de l'atelier du patrimoine de la mairie de Toulouse.

300 fibules retrouvées

Avec ce vin, transitaient de nombreux objets liés à sa consommation comme de la vaisselle en terre cuite et en bronze. Des matières premières étaient aussi importées, comme par exemple du verre brut produit au Proche-Orient et en Égypte. Ce verre était ensuite fondu par les verriers gaulois qui fabriquaient des perles et des bracelets colorés. « 300 fibules ont été retrouvées, précise Guillaume Verrier. L’agglomération gauloise sera abandonnée dans les années 100 avant J.-C. Un siècle plus tard, une ville nouvelle est fondée par Rome, toujours en bord de Garonne mais plus au nord (sous le centre-ville actuel).»

Le quartier Saint-Roch /Empalot se retrouve à la périphérie de cette nouvelle ville. Comme dans toute ville romaine, les cimetières s’implantent le long des voies, à l’extérieur des remparts. Plusieurs tombes sont alors installées le long de la rue Saint-Roch qui reprend l’ancien tracé de la voie romaine reliant Narbonne à Toulouse. Ce grand cimetière rassemble des sépultures à incinération et des tombes à inhumation, ces deux rites étant pratiqués à l’époque romaine. Les fouilles ont permis de mettre à jour cette nécropole.

Sous les pieds des passants, une ville gauloise !

Principalement construites en matériaux périssables, terre crue et bois, les agglomérations gauloises ont presque totalement disparu. Cependant, les murs ont laissé des traces dans le sol qui permettent de redessiner le plan de quelques maisons.  Ces traces de bâtiments,associées aux objets découverts, permettent de mieux comprendre le mode de vie durant cette période ancienne.

Le site réserve aussi une surprise de taille : la découverte de déchets d'artisanat qui nous apprend que la ville possédait une grosse activité de boucherie. Ainsi, durant 50 ans, le quartier a abrité plus de 2 500 têtes de bœufs.

 

Chaque découverte est désormais matérialisée par un panneau explicatif, illustré de photos et rédigé par le musée Saint-Raymond et l'atelier du patrimoine. Un livre d'histoire en plein air !

 

Découverte de puits gaulois